Comment bien choisir ses skis ?

Morphologie, niveau, type de pratique… Que vous envisagiez de faire l’acquisition d’une paire de skis ou plus simplement de louer lors de votre prochain séjour, voici quelques critères à prendre en compte pour en profiter pleinement.

skis posés dans la neige

Crédit photo : Scott

Pour bien choisir sa paire de skis, trois critères sont à prendre en compte en priorité :

Premièrement : la morphologie. Une femme d’1m55 et 50 kilos ne peut raisonnablement pas s’équiper de la même façon qu’un homme d’1m90 et 85 kilos.

Deuxièmement : le niveau de ski. Comme pour n’importe quel sport, le matériel n’est pas identique pour un débutant, un pratiquant moyen ou un expert.

Enfin, le style de pratique a beaucoup d’importance. Que tous ceux qui n’en ont pas encore fait l’expérience soient sûrs d’une chose : même en 2014, il est encore (très) compliqué de s’élancer en haut d’un champ de poudreuse armé d’une paire de skis de pur slalom.

Morphologie : le sexe, la taille et le poids comptent

Prendre en compte sa morphologie, c’est d’abord parler sexe. Les femmes n’ayant pas les mêmes spécificités physiques que les hommes, tous les fabricants développent désormais des gammes spécialement adaptées. En plus d’avoir un design plus porté sur le rose, le violet ou le bleu ciel, les skis femmes sont la plupart du temps plus légers, plus fins et plus courts. Certaines marques n’hésitent pas à proposer des modèles à talons surélevés pour une accroche facilitée. Si vous faites partie des filles plus grandes (plus d’1m75) et donc plus lourdes que la moyenne, sachez que vous pouvez tout aussi bien vous servir au rayon hommes. Même chose si vous pratiquez à haut niveau, même s’il est fort possible que dans ce cas-là vous n’ayez pas besoin de conseils.

Parallèlement au critère hommes/femmes, les critères taille et poids sont également primordiaux.

Concernant la taille, elle ne doit pas être considérée seule mais en corrélation avec le type de pratique vers lequel vous souhaitez vous diriger. Concrètement, vous ne prendrez pas la même taille de skis au rayon freeride qu’au rayon pure piste. Il n’y a pas une taille de ski idéale pour une personne de telle taille mais une taille de ski idéale pour une personne de telle taille souhaitant pratiquer tel type de ski. En simplifiant à l’extrême, nous vous conseillons de choisir un ski proche de votre taille si vous êtes plutôt amateurs de grands champs de poudre. Si vous êtes davantage branché carving, voire freestyle, tournez vous vers du matériel plus court, mesurant environ dix centimètres de moins que vous pour la piste et cinq centimètres de moins que vous pour le freestyle.

Parallèlement à la taille, le poids influencera également votre choix. C’est une question de rigidité. Un gabarit léger se tournera généralement vers des skis plus souples, afin de parvenir à appuyer sur ces derniers et à ne pas les subir. De la même façon, les gabarits lourds auront plutôt intérêt à choisir des skis rigides afin d’avoir un minimum de répondant sous les pieds.

ski poudreuse

Crédit Photo : Scott

Style de pratique : êtes-vous plutôt freeski, piste ou… un peu tout à la fois ?

Peut-être en avez-vous déjà fait l’expérience : il n’existe pas une mais de multiples façons de pratiquer le ski. On peut aimer la piste et les virages coupés. Préférer la poudreuse et les grands dénivelés. On peut être porté sur une glisse freestyle, riche en sauts et rotations, et pratiquer en snowpark. Raffoler du ski dans les sapins et des petits hors-pistes de proximité. On peut enfin aimer… tout faire, changer de pratique d’un jour sur l’autre suivant nos envies et les conditions de neige. La vie (et les marques de skis) étant plutôt bien faite, voici quelques bases à retenir pour trouver un ski adapté.

>>  Fuseau ou pantalon baggy ?

Cas numéro un : vous êtes plutôt « piste » : Vous aimez carver avec précision sur la neige fraîchement damée ou vous balader plus tranquillement sur l’ensemble du domaine skiable. Vous vous tournerez alors vers des skis plutôt courts, au patin relativement étroit, entre 75 et 85 centimètres (1). Ces derniers permettront une bonne maniabilité et une meilleure réactivité. Les spatules seront quant à elles plutôt larges et courtes, de façon à faciliter l’entrée en virage et à réduire les vibrations.

(1) Le patin et la zone la plus étroite du ski. Elle se trouve sous la chaussure et détermine la maniabilité du ski. Plus le patin est étroit et plus le rayon de courbe sera petit.

Cas numéro deux : Vous êtes plutôt ski polyvalent ou « all mountain » comme disent les spécialistes. Concrètement, vous aimez tous les styles de neige, qu’elle soit dure, soupe, molle, « trafolée » (neige déjà skiée et transformée) ou poudreuse. Qu’importe le style de glisse, pourvu qu’il y ait du plaisir à la clé. Pour ne pas vous limiter dans votre pratique, tournez-vous vers du matériel facile à prendre en main, à la fois confortable et suffisamment sécurisant pour s’adapter à tous les terrains. Ce type de skis possède souvent un patin de largeur moyenne (environ 80/85 millimètres ). Les spatules sont un peu plus longues que celles des purs skis de pistes. Quant au rayon, il ne doit être ni trop petit ni trop grand afin de pouvoir alterner facilement petits et grands virages.

Cas numéro trois, vous êtes plutôt freerider, c’est à dire amateur de grosses descentes en poudreuse, et passez le plus clair de votre temps hors des pistes. Dans ce cas-là, dirigez vous vers des skis grands et larges. Ces derniers sont souvent surnommés les « fat » parce que surdimensionnés par rapport aux skis classiques. Leurs patins sont larges, de 85 à 120 millimètres ( !). Leurs spatules sont très longues, larges et généralement très progressives de façon à flotter dans la poudreuse, autrement dit à faciliter la portance dans la neige fraîche.

>>  Moi, froid ? Jamais !

Dernier cas, de plus en plus développé ces dernières années : vous êtes freestyler. Cela signifie que vous aimez sauter, pivoter, vous amuser sur les pistes ou à l’intérieur des snowparks, ces espaces spécialement adaptés équipés de modules. Pour vous, les fabricants ont concocté des skis plutôt courts, très maniables. La plupart sont équipés de doubles spatules, afin de favoriser le ski en « switch », c’est à dire à l’envers, les spatules arrière tournés vers le bas de la piste. Leur rayon n’est pas très large, environ 85 millimètres, afin de faciliter les rotations. Pour résister aux acrobaties les plus folles et autres sauts sur les rails, vos skis freestyle se doivent également d’être résistants. En règle générale, ils se prêtent plutôt bien à une évolution sur piste, même si ce ne sont pas des bêtes de carving.

saut ski

Crédit photo : Head

Niveau de ski : êtes-vous débutant, pratiquant moyen ou expert ?

Après les critères morphologie et type de pratique, le critère niveau. Sur le sujet, un conseil : soyez lucide quant à ce que vous êtes ou non capables de faire. Se retrouver équipé de skis de compétition lorsque l’on en est au stade de l’apprentissage du virage parallèle peut avoir de fâcheuses conséquences. A titre de comparaison, c’est un peu comme si, jeune conducteur fraîchement sorti de l’examen du permis de conduire, vous vous retrouviez au volant d’une Formule Un. Pas forcément agréable, et surtout plutôt dangereux.

Vous êtes débutant. Cela signifie que vous n’êtes encore jamais monté ou presque sur une paire de skis. Vous vous en tenez aux pistes vertes et avez encore des difficultés sur les mouvements de base de type dérapage ou virage. Votre position est plutôt assise, bassin en arrière, skis écartés. Côté skis, le mieux est alors de vous tourner vers des modèles tolérants et accessibles. Surtout, ne présumez pas de vos forces. Vous pourriez y sacrifier pas mal de plaisir et freiner votre progression.

Vous êtes pratiquant intermédiaire. Cela signifie que vous êtes capable d’évoluer sur des pistes bleues et/ou rouges. Techniquement, vous maîtrisez à peu près le virage parallèle à vitesse faible ou moyenne. Votre conduite est glissée et votre position plus redressée par rapport à celle d’un skieur débutant. Tournez vous alors vers des skis accessibles, tolérants et confortables. Ces derniers doivent néanmoins proposer une certaine marge de progression.

>>  L’entretien des skis

Vous êtes pratiquant avancé. Concrètement, vous êtes capable d’évoluer sur des pistes bleues à noires, de vous lancer dans des petits hors-pistes de proximité voire sur les modules les plus faciles des snowparks. Techniquement, vous maîtrisez le virage parallèle à vitesse rapide et vous êtes capable d’allonger ou de rétrécir vos courbes. Vous commencez à faire évoluer vos skis sur la carre en exerçant plus de pression en fin de courbe… C’est le début du carving. Votre position est plutôt fléchie, vous commencez à vous appuyer sur la languette de vos chaussures. Par contre, en cas de problème, vous avez naturellement tendance à vous replacer sur l’arrière. Il vous faut alors un ski tolérant et confortable. Vous pouvez également commencer à vous diriger sur des modèles dits « performants ».

Vous êtes expert. Sur piste, vous maîtrisez toutes les conduites de virages quelle que soit votre vitesse. Dans un snowpark, vous êtes capable « d’envoyer du gros » sur tous les modules. En hors pistes, vous maîtrisez votre sujet quel que soit le style de neige, et évoluez toujours à « Mach 3 ». Sur un stade de slalom, un skieur expert a, en gros, ses premiers points FIS… Si vous vous sentez concernés par l’un de ces profils, il vous faut vous tourner vers des skis dits performants ou très performants. Les plus pointus décideront de choisir des skis « exclusifs », réservés uniquement à un type de pratique.

ski de piste

Crédit photo Scott

La question « rocker »…

Une fois pris en compte les trois critères de base, vous pouvez pousser plus loin votre quête du matériel le plus adapté. A ce stade, il y a de fortes chances pour que vous commenciez à entendre parler du « rocker ».

Pour faire simple, rocker signifie « cambre inversé ». Un ski « 100% rocker » est un ski qui, posé par terre, a le talon qui entre en contact avec le sol. Contrairement à un ski à cambre classique dont le talon ne touche pas le sol, le ski « pur rocker » aura une forme de banane.

Cette spécificité a commencé par apparaître sur les skis freeride pour amplifier leur portance, et sur les skis freestyle pour les rendre plus joueurs. Depuis quelques années, le rocker est souvent utilisé partiellement par les fabricants. Le skis ne sont plus « 100% rocker » mais un savant mélange de cambre classique et de rocker sur certaines zones.

Les fabricants introduisent par exemple du rocker en spatule sur les modèles polyvalents pour faciliter le déjaugeage en toutes neiges. En freestyle, on conserve un peu de cambre classique pour garder de la puissance en y ajoutant du rocker pour rendre le ski plus facile à déformer. Bref, un sujet vaste… Mais tout aussi passionnant.

Les commentaires sont fermés.