Trois remontées mécaniques à l’histoire insolite

Qu’ont en commun le téléski de la Turche aux Gets, celui du Roca Jack à Portillo du Chili et le train de la Jungfrau, en Suisse ?
Réponse : ces trois remontées mécaniques ont toutes une histoire un peu… particulière. WeLoveSki vous en donne les détails.

teleski la turche les gets

Crédit Photo : Guillaume Chambery

Un téléski « vintage » et familial aux Gets

Aux Gets, en Haute-Savoie, le téléski de la Turche fait partie du patrimoine local. Installé en 1946, son histoire semble tout droit sortie d’un film en noir en blanc. La légende raconte que le remonte pente, fréquenté dès ses débuts par de nombreuses célébrités, a créé de nombreux couples. Lorsqu’ une femme se présentait seule au siège, l’ancien patron Georges Combépine avait pour habitude de chercher dans la file d’attente un jeune homme susceptible de pouvoir l’accompagner pour parcourir la piste attenante. Pendant le trajet, les haut-parleurs installés sur les pylônes permettaient même de diffuser de la musique aux passagers…
La Turche est également connue pour l’action « résistante » de ses propriétaires. La famille Combépine, et notamment Christelle, la fille, a toujours refusé de vendre le bébé familial à la société Sagets, laquelle possède tout le reste de la station des Gets. Les ennuis ont commencé en 1985 avec la Loi Montagne imposant les remontées mécaniques comme un service public et les transférant de facto à la collectivité. Dans ce contexte, Christelle Combépine n’a jamais lâché : « Par passion, je voulais que l’histoire familiale continue », avait-elle déclaré au Dauphiné libéré, avant de finir par avoir gain de cause en 2012. Aujourd’hui, les rapports avec la Sagets se sont adoucis et le téléski de la Turche a plus de 2000 fans sur Facebook. Près de soixante-dix ans après sa naissance, le Pomagalski 1971 semble encore comme neuf.

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Un téléski… cinq places à Portillo du Chili

Cinq places sur une seule et même perche de téléski ? Le Chili en avait rêvé, la société Pomagalski l’a fait ! Le Roca Jack, installé dans les années 1960 dans le cadre des championnats du Monde de ski alpin (1966) sur les sommets de la station de Portillo, avait alors vocation à desservir l’hôtel portant son nom. Non content de posséder cinq places, le remonte pente XXL devint dès lors le plus long et le plus raide des téléski à « va-et-vient » de la station. Concrètement, l’installation utilise le principe d’un téléphérique adapté sur un téléski. C’était à l’origine un modèle expérimental proposé par « Poma », qui n’a ensuite jamais été reconstruit. Le téléski de Roca Jack est conduit manuellement et à vue par le conducteur. Sa simplicité s’explique par son emplacement, en pente raide avalancheuse. Plusieurs coulées l’ont déjà enseveli sans qu’aucun dommage physique ne soit causé. Sans surprise, ce système offre un débit très limité. Ce qui ne gène en rien la station de Portillo, où sa clientèle se limite à celle de l’hôtel…

La gare la plus haute d’Europe à la Jungfrau en Suisse

Crédit photo : Antoine Chandellier

Le train de la Jungfrau (Suisse) – Crédit photo : Antoine Chandellier

Le train de la Jungfrau est l’un des chemins de fer les plus connus du monde. Son point de départ se situe au niveau de la Petite Scheidegg, station suisse reliée à celles de Grindelwald et Wengen/Männlichen. Il monte ensuite à la gare du Jungfraujoch, située à près de 3500 mètres d’altitude, après avoir traversé l’Eiger et le Mönch. Le trajet dure environ neuf kilomètres dont sept de tunnels et s’étend sur 1400 mètres de dénivelé.
La construction du train de La Jungfrau a duré plus de seize ans et son coût a atteint 15 millions de francs, soit deux fois plus que prévu au départ. Dès le 27 juillet 1896, des centaines d’ouvriers, Italiens pour la plupart, se sont attaqués aux parois de la montagne à la pioche et à la dynamite, jusqu’à atteindre le Jungfraujoch le 21 février 1912, en faisant alors la gare la plus haute d’Europe. Le 1er août de la même année, un train emmenait les premiers passagers vers les sommets. Il transporte aujourd’hui plus de 700 000 voyageurs chaque année.

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