[Interview] On a tous été un jour débutant : 3 questions à Marion ROLLAND

Championne du monde descente, Marion ROLLAND est une skieuse accomplie. Mais avant de devenir une championne, elle a aussi été débutante. Marion ROLLAND a accepté de nous raconter ses débuts. Interview.

Quels souvenirs avez-vous de vos débuts en ski de descente ?

Marion ROLLAND : Je faisais du ski depuis toute petite, parce qu’une grande partie de ma famille était dans le milieu du ski. Ma mère était monitrice de ski, mon père pisteur-secouriste et je vivais en station. J’ai commencé à skier avec mes parents, puis avec l’ESF (École du Ski Français) et je suis rentrée au ski club des 2 Alpes. Au début, nous faisions toutes les disciplines, la descente est venue un peu plus tard, vers 12/14 ans. Quand nous sommes enfants, les entraîneurs mettent un peu plus l’accent sur le slalom et le géant, car ce sont des disciplines moins risquées et qui apportent les bases techniques. Nous commençons à faire du super G vers 12/13 ans, et après nous nous initions à la descente. L’apprentissage du ski de descente se fait naturellement. D’ailleurs, je ne me souviens pas vraiment de mes débuts dans cette discipline. J’adorais le ski et j’avais de bons résultats, plus j’en faisais plus je m’éclatais. C’était super ! J’aimais dépasser mes limites. C’est vraiment la vitesse qui me plaisait et pouvoir descendre la montagne avec le moins de contraintes possibles. Dans les autres disciplines, les virages sont plus marqués, alors que la descente c’est instinctif. J’ai parfois ressenti de la peur. Il y avait toujours une petite conscience du risque, il y a des moments où j’ai eu des craintes, mais c’est cette peur qui faisait que je savais où j’allais. C’est une connaissance du risque acceptable. Petits, nous sommes des « têtes brulées » et la peur est venue avec les blessures, les chutes. Il fallait retrouver une confiance en soi, en son ski et en ses capacités. Mais, c’est ce qui nous fait arriver à trouver le juste milieu. D’un côté, nous sommes trop lents et d’un autre, c’est la chute. Lorsque je skiais en descente, je ne « posais pas le cerveau », j’étais consciente de mes capacités. La peur est salutaire.

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Je garde aussi comme souvenir la bonne ambiance qu’il y avait dans le club. Nous étions des copains de toujours, puisque nous étions dans la même école et nous avions commencé le ski en même temps.

Marion ROLLAND, début en ski. Crédits - Marion ROLLAND

Marion ROLLAND, début en ski. Crédits : Marion ROLLAND

Avez-vous une anecdote à raconter sur vos débuts ?

Marion ROLLAND : On avait un coach qui nous apprenait à sauter les bosses. Il y a une technique particulière d’amorti et il avait trouvé une solution pour nous apprendre à sauter les bosses en sécurité. Les jours où il y avait de la poudreuse, il faisait une trace directement dans la neige et nous devions la suivre pour arriver jusqu’à la bosse. Lors du saut, si nous avions mal amorti, nous tombions dans la neige fraîche. C’était fun et nous avions appris ce mouvement technique en toute sécurité. J’ai toujours eu de bons rapports avec mes entraîneurs. Il y a des personnalités qui m’ont plus marquée que d’autres. Il m’a été reproché d’être trop gentille. Je ne rentrais pas dans le conflit avec mes entraîneurs. C’est une relation de confiance, c’est quelqu’un qui nous fait progresser dans notre sport et notre discipline, je l’ai pris comme une aide.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées et comment les avez-vous surmontées ?

Marion ROLLAND : Mon plus mauvais souvenir, ce sont les entraînements sous la pluie. Mes parents me poussaient à m’entraîner par tous les temps.  Ils ne m’ont jamais poussée à la performance, mais comme j’ai voulu faire du ski de compétition, ils m’encourageaient à assumer mon choix et donc à aller m’entraîner même si la météo n’était pas au grand beau. Les blessures sont aussi un mauvais souvenir et je me suis beaucoup blessée. Depuis toute petite, je me suis faite des entorses et des petites blessures. Jusqu’à mon entrée en équipe de France, je n’ai pas eu de blessure avec opération, mais des immobilisations. Il y a de la douleur et le sentiment d’être à l’écart pendant la rééducation. Ensuite, je reprenais peu à peu mes marques. Ce ne sont pas forcément de très bons souvenirs, même si ça fait partie de ma carrière et que ça a forgé mon caractère. Maintenant, ce qui est ressorti quand je fais le point sur ma période de compétitrice, petite, j’ai beaucoup fait de ski pour le plaisir, et je n’ai pas tout de suite été confrontée aux tracés. J’aimais rigoler avec les copains, sauter les bosses, c’est vraiment ça qui m’a donné la passion du ski. Ce n’est pas juste la compétition, même si monter sur un podium fait partie de mes meilleurs souvenirs. Le ski reste un vrai bonheur !

LAKE LOUISE, CANADA - DECEMBER 07: Marion Rolland of France competes during the Audi FIS Alpine Ski World Cup Women’s Super-G on December 07, 2014 in Lake Louise, Canada. (Photo by Christophe Pallot/Agence Zoom)

LAKE LOUISE, CANADA – DECEMBER 07: Marion Rolland of France competes during the Audi FIS Alpine Ski World Cup Women’s Super-G on December 07, 2014 in Lake Louise, Canada. (Photo by Christophe Pallot/Agence Zoom)

Merci Marion pour cette interview !

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