INTERVIEW ON A TOUS ÉTÉ UN JOUR DÉBUTANT : 3 QUESTIONS A SÉBASTIEN AMIEZ

Nom de scène Bastoun. Palmarès : vice champion olympique en 2002, vice champion du monde en 1997 et vainqueur de la coupe du monde de slalom en 1996 devant Alberto Tomba. Natif de Pralognan-la-Vanoise, station où il réside toujours, Sébastien Amiez qui aura 45 printemps en mai prochain, a passé presque la moitié de sa vie en équipe de France. Ce spécialiste du slalom a mis fin à sa carrière en 2007. Si vous suivez les retransmissions des Coupes du monde, le visage et la voix de Sébastien vous sont sans doute familiers puisqu’il est consultant pour RMC, BFM TV et SFR Sport. Il s’est confié à WELOVESKI sur ses débuts et sa vie de jeune skieur.

Sébastien Amiez aux lors du slalom aux JO de Salt Lake City

Sébastien Amiez aux lors du slalom aux JO de Salt Lake City

WELOVESKI : Vous êtes né à la montagne, avez-vous des souvenirs quand vous avez commencé le ski, vos sensations, comment ça s’est passé pour vous ?

Sébastien Amiez : On dit souvent que quand on marche à la montagne, on skie. On naît quasiment avec les skis au pied et suivant le mois où tu es né, à 2 ans – 2ans ½ tu as les skis aux pieds ! Donc forcément, moi qui suis né en mai, j’ai commencé l’année de mes 3 ans, dans la fin d’hiver de mes vingt et quelques mois. Un souvenir que j’ai gardé, c’est d’avoir des skis en bois avec les chaussures en cuir, oui car c’était il y a 43 ans ! Par contre ça n’a pas duré longtemps, mais j’ai connu les fixations à câbles avec le ski en bois et la chaussure en cuir. Dans ma carrière j’ai connu beaucoup de choses : les piquets en bois, les piquets en plastique, les piquets articulés, les grands skis de la fin des années 90 puisque j’ai gagné la coupe du monde avec des 2m01 aux pieds, puis j’ai été vice-champion olympique en 2002 avec des skis d’1m55 aux pieds ! J’ai eu à m’adapter à pas mal d’évolutions de techniques différentes.

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C’est vrai qu’on a tous été débutants et qu’on a tous une appréhension particulière à la glisse. Le souvenir de mes débuts est flou et vague à la fois parce que je n’ai pas cette sensation d’avoir galéré sur des skis. Ça a été quasiment naturel et après on passe un cap relativement vite jusqu’à gravir les échelons du plus haut niveau mondial.

WELOVESKI : Vos bons souvenirs de jeune skieur et de compétiteur ?

À l’époque on n’avait pas les jeux vidéos, juste Atari, on passait beaucoup moins de temps sur le canapé que les jeunes aujourd’hui et on avait beaucoup plus de qualités sportives parce qu’on touchait à tous les sports : on jouait au foot, au basket, au volley même en montagne, tous ces sports d’extérieurs qui faisaient qu’on avait d’autres qualités techniques qui nous servaient notamment pour le ski ! Gamin, je passais beaucoup de temps au ski, dès qu’il neigeait j’étais le premier aux remontées mécaniques. J’étais le premier arrivé au club de ski, ½ heure avant ! Il y a un petit téléski sur le bas de la station qui ouvrait un peu avant et j’étais le premier à faire « en haut en bas, en haut en bas », on mangeait vraiment du ski. Et on ne mangeait pas que du piquet, on profitait aussi du ski libre et du hors-piste. On avait cette chance d’avoir le ski libre, les piquets étaient les arbres et ça c’est un super souvenir. A 45 ans, si il neige, je suis encore le premier à skier, j’adore ça parce que je suis un skieur. Si j’ai une heure à perdre dans ma station à Pralognan, c’est très facile de mettre les skis et d’aller faire 2, 3 descentes et comme je dis souvent si ça peut durer encore 40 ans comme ça, ça ira bien !

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Quant aux bons souvenirs de compétiteur, facile, c’est quand je gagne la coupe du monde. Ça faisait 24 ans qu’un français ne l’avait pas gagnée, c’était Jean-Noël Augert et je n’étais pas né. En plus je me bats avec Alberto Tomba jusqu’à la dernière course pour le globe, un moment assez fantastique, j’arrivais sur le circuit, lui était déjà bien en place, champion olympique, il avait été champion du monde la même année. Et puis l’argent aux jeux olympiques en 2002, c’est la cerise sur le cadeau comme je dis souvent. Je m’étais dit intérieurement, « tu as participé aux jeux de 94 parce que j’étais jeune, en 98 j’étais parmi les favoris puisque j’avais fait 2 grosses saisons avant mais j’étais passé à côté et 2002 c’était peut-être mes derniers alors ce serait bien de repartir avec une médaille ». J’ai su saisir la chance, et puis on a fait un beau doublé français avec Jean-Pierre Vidal.

Sébastien Amiez lors d'une compétition à Val d'Isère (sebastien-amiez-en-1993-photo-agence-zoom)

Sébastien Amiez lors d’une compétition à Val d’Isère (sebastien-amiez-en-1993-photo-agence-zoom)

WELOVESKI : Est-ce que vous avez connu des difficultés dans votre carrière de skieur et comment les avez-vous appréhendées ?

Oui il y a tout le temps des moments durs même si malheureusement ou heureusement je ne me suis jamais fait mal et n’ai jamais loupé une saison. Quand je dis heureusement c’est tant mieux parce que j’ai pu m’épanouir dans toute ma carrière sans blessure et sans avoir à gérer ce paramètre. Malheureusement parce que je suis un être humain, pas un ordinateur et qu’à un moment la carte à puce, elle se fatigue un peu ! On pratique 11 mois sur 12, et comme c’est un rituel au quotidien, on finit à un moment par s’essouffler même si on n’a pas l’impression de l’être : on n’a pas le même peps… surtout moi qui avais un ski physique, avec l’engagement maximum. Sur mes dernières années, il m’a peut-être manqué un état de fraîcheur qui m’aurait sans doute permis de mieux finir ma carrière. Mais ce sont des choses qu’on apprend après sa carrière et si j’arrive à retransmettre ça à mes enfants qui sont dans la compétition, ce sera aussi un bonheur.

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Merci Sébastien d’avoir partagé vos souvenirs avec WELOVESKI !

Sachez que vous pouvez offrir ou vous offrir une journée privilège avec le champion, maître du carving. Il suffit d’appeler l’ESF de Pralognan la Vanoise.

http://www.pralognan.com/

 

Sébastien Amiez à Pralognan-La-Vanoise (®sandra_stavo-debauge)

Sébastien Amiez à Pralognan-La-Vanoise (®sandra_stavo-debauge)

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