Une rando glaciaire, ça vous tente ?

Évoluer sur un glacier, on s’en fait souvent une montagne. Il faut dire que cet environnement est potentiellement sournois : les crevasses et autres ponts de neige, pouvant rompre sous votre passage et vous envoyer au fond, tout au fond du trou, ne sont pas fléchés ! Une randonnée glaciaire à skis nécessite donc quelques précautions, du matériel et un bon encadrement. WELOVESKI vous dit tout ! Mais sachez dores et déjà que seuls les guides de hautes montagnes sont habilités à vous emmenez sur des zones glaciaires.

 

 

®EricSmolski-montagnespaces.com

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Quel équipement ?

En plus de l’équipement de rando à skis classique (skis, peaux, couteaux, DVA, pelle, sonde, carte, altimètre, boussole…), le fait de se déplacer sur un glacier potentiellement crevassé implique de se munir d’un équipement spécial, propre soit à enrayer une chute dans une crevasse, soit à sortir quelqu’un qui serait tombé dedans, ou à se sortir soi-même !

À savoir :

Par personne : 1 baudrier, 1 piolet, 1 paire de crampons, 1 casque. + une longe (à mousquetonner sur le col), 1 ou 2 broches à glace, quelques mousquetons dont 2 à vis, 1ou 2 sangles, 1 poulie et 2 cordelettes ou systèmes autobloquants (genre Tblock, Microtraction, Shunt…). Tout ce matériel se loue !

Et pour la cordée : 1 corde (mini 40m) et 1 sangle statique pour démultiplier la force de traction d’un mouflage.

Au bout du compte, ça fait lourd… mais c’est un gage de sécurité pour pouvoir se déplacer, avec une certaine marge de sécurité, sur un glacier.

Le plus important est de savoir se servir rapidement et efficacement de tout ce matériel.

L’avoir simplement suspendu à son baudrier, « ça fait bien », mais ce n’est pas d’une grande utilité lorsque quelqu’un se retrouve au fond d’un trou…

>>  Megève - Guide de la station

 

 Qu’est-ce qui change par rapport à une randonnée à ski classique ?

 Ce qui change, c’est justement le fait de se déplacer sur un terrain glaciaire, avec donc la présence potentielle de crevasses sur l’itinéraire emprunté… Et comme les glaciers se situent en général plus hauts en altitude, la nécessité d’avoir à gérer des conditions météo plus fréquemment changeantes et mauvaises (vent plus fort en altitude, précipitations plus importantes aussi et rapidité des changements de temps).

 

S’encorder, pourquoi et à combien par cordée ?

Le fait de s’encorder sur un glacier permet de réduire le risque d’accident grave lors d’une chute en crevasse. Si l’un des membres tombe dans une crevasse, les autres personnes encordées feront contrepoids et l’empêcheront de tomber très profond (d’où la nécessité de marcher à « corde tendue » entre les participants). 
Plus on est nombreux à être encordés ensembles, meilleure est la sécurité. A 2 encordés sur un glacier très crevassé, ce peut être « limite » au niveau sécurité. Au même endroit, à 4 ou 5 sur la même corde, on progressera plus sereinement. D’autant que pour installer un système (mouflage) pour retirer 1 personne tombée dans un trou, même de 2 ou 3 m seulement, il est plus facile de le faire à plusieurs que tout seul !
Mais la raison veut que si on est 7 ou 8 personnes à vouloir progresser ensemble, on ne va pas faire une seule cordée avec tout le monde sur une seule corde, mais plutôt deux cordées de 3 ou 4 personnes.

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Comment doit-on évoluer sur un glacier ?

 À la montée :

>>  Les Ménuires – Le Guide de la station

- Si le glacier est très crevassé, ou si la visibilité est particulièrement mauvaise, on marche tous encordés les uns aux autres, avec une distance d’au moins 10m entre chaque membre de la cordée.

- Si la visibilité est excellente, s’il s’agit d’un glacier peu crevassé dont les crevasses ont été bien bouchées par des chutes de neige régulières et abondantes, on peut se permettre de progresser non encordés.

À la descente :

- Si les conditions de visibilité sont très mauvaises et si le glacier présente de grosses crevasses mal recouvertes, il est possible de descendre encordés. Mais c’est un exercice particulièrement difficile à réaliser et à coordonner à plusieurs... Si bien que parfois on choisit de faire skier devant deux (ou maxi trois) randonneurs encordés (c’est plus facile qu’à très nombreux) tandis que les autres suivent, en restant impérativement dans leurs traces.

- Si la visibilité est excellente, s’il s’agit d’un glacier peu crevassé dont les crevasses ont été bien bouchées par des chutes de neige régulières et abondantes, on peut se permettre de skier non encordés, mais en suivant la trajectoire du leader, à charge pour lui de lire le terrain et d’éviter les zones dangereuses.

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Comment lire le terrain ?

Cela s’apprend par la pratique et l’expérience acquise au fil du temps passé en montagne sur les glaciers. Pas de théorie ou de livres sur ce sujet… de la pratique et de la concentration.
Mais même les plus expérimentés se font parfois prendre au piège. Ainsi Lachenal, le célèbre alpiniste des années 50, est-il mort dans une crevasse de la classique Vallée Blanche…

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Pourquoi faut-il absolument prendre un guide ?

 Si l’on ne connait rien à tout ce qui est progression et secours en terrain glaciaire, et qu’on veut pouvoir profiter du cadre exceptionnel dans lequel on évolue à skis, sans (trop !) se préoccuper de ces problèmes, alors il est vraiment indispensable d’employer les services d’un guide. Il saura alors vous guider dans ce milieu, potentiellement dangereux, en minimisant le risque d’accident. 
Si l’on est bien formé aux techniques de progression sur glaciers et de secours en crevasse, qu’on les révise régulièrement lors d’exercices avec des personnes expérimentées, il est tout à fait possible de se passer de guide. Heureusement que la montagne n’est pas réservée aux seules personnes capables d’employer un guide !

Les tarifs ?

Selon les massifs et les pays compter environ 350€ par jour pour un guide de haute montagne, à répartir entre les différents membres du groupe (sont non compris, les éventuels hébergements et remontées mécaniques, pour les participants et le guide).

Quelques randonnées glaciaires pour s’initier

En Vanoise : Traversée des Dôme de la Vanoise entre le refuge de la Dent Parrachée, du col de la Vanoise et le refuge de l’Arpont .

En Oisans : Ascension du Dôme de neige des Ecrins.

Dans le massif du Mont Blanc : Col du Passon, Refuge des Grands Mulets et Tête Blanche.

 

Merci à Éric Smolski, guide de haute montagne pour son éclairage.

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