INTERVIEW ON A TOUS ÉTÉ UN JOUR DÉBUTANT : 3 QUESTIONS A BRUNO COMPAGNET

Le pyrénéen Bruno Compagnet, freeskieur authentique et esthète, est aussi poétique dans ses choix de lignes que dans ses mots pour dire son amour du ski libre. Bruno est passé par la compétition, même s’il n’en a pas l’esprit et s’est illustré en freeride avec moult premières places, ce qui l’a fait sortir de l’ombre : à Chamonix sur les pentes de l’hôtel au Brévent en 1994, à la Freeride Classic à Courchevel en 1997, au Scandinavian Free Skiing championship en 1999. Il finira 2ème à l’Xtrem de Verbier à 37 ans. Il a mis fin à sa carrière avant ses 40 ans et n’ai jamais voulu suivre le world freeride tour, il estimait avoir trop de choses à vivre et à faire sur Chamonix et dans les Alpes. Parmi ces choses, la création de la marque Black Crows à Chamonix avec Camille Jaccoux et Christophe Vuillemin en 2005… Ce qui lui permet de continuer à skier avec la même passion qu’à ses débuts puisqu’il s’implique dans le développement des produits. Suivez-le sur les réseaux sociaux et vous comprendrez !
Entre deux sorties en montagne, Bruno s’est confié à WELOVESKI sur ses débuts.

Portrait Bruno Compagnet-(®Layla-Kerley)

Portrait Bruno Compagnet-(®Layla-Kerley)

 

WELOVESKI : Quels souvenirs gardez-vous de vos premiers moments d’apprentissage du ski, puis des premières compétitions, des premiers hors-pistes ?

Bruno Compagnet : je garde le souvenir de ma mère qui me faisait glisser sur le petit téléski école à Saint-Lary. Mais pour tout vous avouer, ce sont surtout les photos qui me remémorent ça, car j’étais trop petit pour m’en souvenir ! Après il y a eu le ski club, l’odeur du fart. Ah oui et l’odeur des dossards aussi. Franz Klammer était l’idole de mon enfance. Il y eut les premières compétitions aussi… mais très vite, j’ai été plus attiré par la poudreuse et les sauts. Les premiers couloirs, petits.

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La révélation et la passion de la poudre me sont venues avec mon premier monoski, un Rossignol, puis je suis passé sur Duret avant de me mettre pour pas mal d’hivers au snowboard. C’était l’époque d’Apocalypse Snow et je rêvais de partir dans les Alpes.

 

WELOVESKI : Des anecdotes, meilleur et pire souvenir ?

Je faisais l’école buissonnière comme tous les gamins de station, je planquais mes gants et mon masque dans mon cartable pour allez skier.

Les courses poursuites dans les bois avec mes potes du ski club…

Et puis il y a eu cette journée avec Pascal Lassale (le kinésithérapeute de l’équipe de France de ski). Son frangin est mort dans une avalanche aux Grands Montets… Bref on était partis tous les deux faire un petit couloir qui aurait du être en poudre. Arrivés au départ tout le couloir était parti jusqu’au terrain. On ne savait pas trop quoi faire… Les pisteurs sont arrivés en nous engueulant, car nous n’aurions  pas dû nous trouver là. Mais on les a aidés à sonder et on a dégagé un skieur en état de choc. Son copain a eu moins de chance puisqu’il n’a pas survécu … C’était avant l’A.R.V.A (Appareil de recherche de victime en avalanche) et j’étais un jeune ado, mais j’ai bien compris que le jeu était dangereux…

Bruno Compagnet (®Layla-Kerley)

Bruno Compagnet (®Layla-Kerley)

WELOVESKI : Vos conseils aux personnes qui débutent en freeride et en ski de rando ?

 J’ai passé ma vie à skier et je continue toujours aujourd’hui avec la même passion. L’une des raisons pour lesquelles je me suis lancé dans cette aventure de marque, c’est de tout simplement dégager du temps et de l’argent pour rester sur le terrain et continuer à skier. Pas plus tard que ce matin alors que j’étais en randonnée et que j’étais un peu fatigué de la veille, je me disais que le vrai bonheur est là, dans la pratique et dans l’instant et non pas autour d’une piscine avec de la drogue et des callgirls ou une Ferrari dans son garage ! En quelque sorte j’ai acheté ma liberté. Après je reste impliqué dans le développement de certains produits ce qui est passionnant.

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Alors mon conseil est simple : faites-vous plaisir, concentrez-vous sur vos sensations sur la neige. Ne soyez pas trop exigeants avec vous-même, on est toujours trop dans la performance ou dans le culte du héro.

Aujourd’hui j’aimerais avoir la chance de tout recommencer à zéro avec des sensations toute fraîches ! Ce n’est pas d’arriver quelque part qui est le plus important, c’est souvent le voyage.

 

//SAVE THE DATE//

En parlant de voyage, Bruno organise un événement novateur, fondamentalement différent de tout ce que vous avez pu voir qui réunira les amateurs de ski libre : LA SENTINELLE, du 31 mars et 3 avril 2017 à Gavarnie dans les Pyrénées avec un parcours à cheval entre France et Espagne

Les fondamentaux :
– 100 mm au patin minimum
– combinaison de ski alpinisme interdite
– 2500 > 3000 m de dénivelé positif .
– 2 pays
– Pas de classement
– Un banquet et une ambiance sonore
– Aller au bout est une victoire.

Pour s’inscrire envoyez une lettre manuscrite de motivation !

Bruno Compagnet (®Layla-Kerley)

Bruno Compagnet (®Layla-Kerley)

Infos

Pour suivre Bruno :

Fb : bruno compagnet
Instagram : bruno_compagnet
Tumbler : bruno compagnet
http://www.black-crows.com

Crédit photos © Layla Kerley

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