Les métiers de la montagne : A la rencontre d’un moniteur de ski

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Les moniteurs de ski fascinent de part leur technique irréprochable. Découvrez les coulisses du métier avec James, directeur de l’ESF Courchevel et moniteur depuis plus de 25 ans.

Moniteur de ski

James, Directeur de l’ESF Courchevel et moniteur de ski

Intersport : Pouvez-vous nous expliquer comment devient-on moniteur ?

C’est un parcours long et difficile pour obtenir son diplôme d’Etat. Il faut d’abord passer le « test technique » (un slalom spécial), s’il est réussi le candidat accède à la pré-formation. Les élèves suivent différents modules : épreuves théoriques, d’anatomie, de réglementation, de pédagogie et connaissance du milieu montagnard. Ils doivent aussi valider les épreuves théoriques du tronc commun du brevet d’état.

Les candidats passent ensuite une seconde épreuve en ski, souvent jugée la plus difficile : l’Eurotest (slalom géant). Le taux de réussite de cette épreuve assez faible. Par la suite il est conseillé de se former aux langues étrangères surtout si votre clientèle évolue dans ce sens (ex : Russe, chinois, etc.).

Intersport : Vous êtes donc moniteur depuis plus de 25 ans, pourquoi avoir choisi ce métier ?

Je suis issu du milieu de la compétition, de la montagne, mon père était lui-même moniteur à Courchevel, et le ski c’est ma passion ! J’ai fait le choix de vivre à la montagne dans son milieu naturel et de vivre grâce à elle. La profession de moniteur de ski me permet cela !

Intersport : Avez-vous une autre activité pendant les 6 mois d’été ?

Aujourd’hui je suis directeur de l’école de ski de Courchevel donc ça m’occupe toute l’année. Mais au début de ma carrière je travaillais la moitié de l’année dans le génie civil et le montage des remontées mécaniques.

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Intersport : Y a-t-il des journées « types » et comment s’organisent-elles ?

A Courchevel, le début des cours est à 9h. Dans cette station, on travaille souvent avec une clientèle privée, donc on va la chercher à son domicile. Et comme partout les gens préfèrent skier le matin, il faut donc bien être à l’heure ! (rires) On essaie de varier le programme selon les conditions de neige : poudreuse ou piste. Snowboard ou ski en forêt si les conditions ne sont pas excellentes pour se mettre à l’abri.

La journée se poursuit jusqu’à 16 ou 17h selon l’envie et la forme physique du client. En fin de journée, la plupart des clients rentrent chez eux. Mais on peut être amené à s’occuper d’eux pour faire des choses qui sortent un peu du commun comme de la luge, quelques passages sur la patinoire, une dégustation de vin, du ski de randonnée, etc. A Courchevel un moniteur de ski est un peu un « majordome », il y a cet aspect purement technique du moniteur et le relationnel qui permet de faire autre chose que du ski lorsque des liens d’ « amitié » s’installent.

 

Intersport : Préparez-vous vos cours ?

Il n’y a pas de cours définis, c’est beaucoup de feeling, en fonction du niveau des clients et de leurs envies du moment. On a parfois des clients qui ne veulent rester que sur Courchevel et faire un restaurant gastronomique à midi et à côté il y a des clients qui veulent profiter des 3 Vallées en long, en large et en travers ! Le maître-mot c’est la flexibilité.

 

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Intersport : En cas de mauvaise météo comment faites-vous ?

On n’annule jamais le cours sauf sur demande du client. Encore une fois on s’adapte, c’est ce qui fait le charme du métier ! En tout cas, on propose toujours une alternative. A Courchevel, on a la chance de pouvoir skier de 1200m jusqu’à 2 700m, donc les jours où il fait mauvais on peut faire du ski en forêt. Et puis si vraiment ça va mal (et ce n’est pas plus de deux fois dans l’hiver) il y a beaucoup d’activités dans la station : squash, rando dans la vallée, cinéma, etc.

 

Intersport : Comment trouvez-vous votre clientèle ?

Depuis cette année, nous avons un site marchand, on va donc pouvoir aussi se faire connaitre grâce au e-commerce. Mais sinon c’est surtout le bouche à oreille qui nous permet de trouver nos clients. Nous avons aussi de bonnes relations avec des propriétaires d’hôtels et les concierges qui nous recommandent. Il n’y a pas encore vraiment de stratégie sur ce sujet.

 

Intersport : Quel est votre statut ?

Moniteur de ski est une profession libérale, l’école de ski est une association d’indépendants.

 

Intersport : Comment sont donc calculés les tarifs des cours de ski ?

Les tarifs sont réglementés par une convention et dans la station on a tous le même tarif. Les recettes vont dans les comptes de l’école de ski et ça fonctionne comme une sorte de coopérative. On paie les frais en fin de saison et on se répartit le reste entre moniteurs.

Toutes les stations n’ont pas les mêmes problématiques, la même offre et la même clientèle, donc les tarifs varient en fonction de ces critères. Cependant, si on compare les prix d’une prestation entre les stations similaires (Courchevel, Megève ou Val d’Isère) les prix sont quasiment les mêmes.

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Intersport : D’un point de vue organisationnel, comment répondez-vous aux périodes de forte affluence pendant les vacances scolaires ?

Nous avons des moniteurs temporaires qui viennent nous aider, ce sont souvent des professeurs de l’Education Nationale ou des personnes qui prennent sur leurs congés pour venir nous aider à Noël et en Février.

 

Intersport : Pour terminer, selon vous quelle est l’astuce pour commencer le ski ?

Je pense qu’il faut partir dans un état d’esprit de confiance et aborder le ski comme on peut aller faire un footing. Il faut y aller détendu, il ne faut en aucun cas se mettre une pression. Je pense que tout le monde peut évoluer et s’éclater sans se faire peur et sans avoir de réticences. Le ski est un sport qui se pratique en milieu montagnard et ça fait peur à beaucoup de monde, mais c’est tout le contraire ! Aujourd’hui, on a du matériel et des pistes qui ont énormément progressés, tout a été adapté à la clientèle.

 

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Vous pouvez également retrouver James sur le portail de réservation de cours ESF.

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