Les différents types de ski

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Ski carving, ski freeride, ski freestyle, ski all mountain… Qui ne s’est jamais posé la question de savoir ce que recouvraient les anglicismes désignant les différentes pratiques ?

groupe skieurs

Crédit photo SCOTT Sports Dom Daher

Les appellations de pratiques, en ski, c’est un peu comme le hors-jeu, en foot. Une évidence pour les initiés, qui en parlent très souvent avec une grande facilité. Un objet de curiosité pour tous les autres, qui hésitent à se laisser aller à la moindre question par peur de se ridiculiser.
Freestyle ? Freeride ? Freerando ? Carving ? All mountain ? Les mots sont bien beaux, mais au fait, quésako ? Une question qui mérite d’autant plus d’attention qu’elle se révèle cruciale au moment de choisir son matériel. Et qu’il serait fort dommage de se retrouver avec des skis de slalom au moment de profiter de la première belle journée de poudreuse de l’année…
Sur le sujet, apprenez néanmoins à relativiser. Les appellations désignant les différentes pratiques du ski sont, vous l’aurez remarqué, toutes issues de mots anglais, si bien qu’un minimum de bon sens permet de répondre aux interrogations les plus basiques (ski all mountain = ski pour toutes les montagnes = on peut aller partout avec). En outre, s’il peut parfois paraître essentiel de se définir en tant que freestyleur, freerideur, free randonneur ou carveur, au final, nous passons tous la majeure partie de notre temps à… skier. Et c’est bien là l’essentiel.

1. Piste / carving

Commençons par le commencement. La piste, c’est « la » base. Le terrain de jeu sur lequel nous évoluons toutes et tous la majeure partie du temps. Celui qui, malgré les modes et la tendance actuelle des stations à vouloir créer des espaces spécifiques pour tout (snowpark, zone zen, freeride zone…), n’a pas pris une ride depuis plusieurs dizaines d’années. La pratique du ski sur itinéraires damés et balisés reste aujourd’hui encore la plus répandue, et de loin. Même constat ou presque en matière de matériel. Si les magazines spécialisés foisonnent de modèles hyper pointus spécialement adaptés à telle ou telle pratique, le gros des ventes continue à se faire sur le segment piste.

Parmi les extrapolations les plus courantes du ski de piste, il y a le ski de carving. Carving comme « carver » mais aussi comme « couper » ou « tailler ». Un amateur de carving est un amateur de virages très appuyés. A l’inverse du skieur moyen qui pratique souvent en conduite glissée ou dérapée, il passe la majeure partie de son temps sur la carre de ses skis, à vitesse très élevée sans avoir l’air de forcer. Contrairement à ce que laisserait penser cette impression de facilité, la pratique du carving demande un minimum, voire un maximum, de maîtrise technique.

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Depuis une quinzaine d’années, des skis spécialement étudiés pour le carving sont sur le marché. Ils se reconnaissent grâce à un « patin » (1) très étroit et une forte réactivité. Pour bien carver, mieux vaut également être équipé des chaussures rigides de façon à pouvoir exercer un maximum de pression sur les carres.

(1) Le patin est la zone la plus étroite du ski, qui se situe sous la chaussure. Plus la différence de largeur entre le patin et le reste du ski est forte, plus vous aurez de facilité à carver.

2. Racing

Comme le ski de carving, le ski racing se pratique sur piste mais cette fois entre les piquets, sur des tracés de slalom, géant, super-G ou descente. En Anglais, « racing » signifie « course » au sens de « compétition ».  Le ski « racing » est donc le ski de compétition.

Sa pratique, encore plus que celle du carving, sous-entend un niveau de ski très élevé et l’utilisation de matériel spécifique. Attention donc : n’est pas skieur racing qui veut. Mieux vaut éviter de vous surestimer en faisant l’acquisition de chaussures ou de ski typés « racing » si vous n’avez qu’un niveau intermédiaire. Une fois sur les pistes, vous pourriez bien vous retrouver (ridicule) avec un énorme handicap à gérer. Imaginez vous au volant d’une Ferrari Testa Rossa pour votre premier jour de conduite « non accompagnée »… C’est un peu pareil.

3. Freeride

ski poudreuse

Crédit Photo : SCOTT Sports

Après la piste, le hors-piste.

Dans « freeride », il y a « free » comme « libre », et « ride » comme « ski ». Le « freeride » est donc le « ski libre », comprenez pratiqué hors des espaces réservés que sont les pistes. C’est le ski dans la poudreuse. Celui qui nous a tous un jour fait rêver en feuilletant les pages des magazines spécialisés ou en visionnant des vidéos sur You Tube par jour de ciel gris.

La pratique du freeride recouvre un éventail de possibilités assez large. Cela peut être le petit hors-piste de proximité, pratiqué dans dix centimètres de poudreuse juste derrière les jalons de marquage des pistes. Ce freeride-là ne demande aucun matériel particulier, contrairement à son cousin le « gros freeride », synonyme de hors-piste dans les couloirs, de dépose en héliski et de poudreuse à ne plus savoir qu’en faire. Pour ce dernier, mieux vaut être parfaitement équipé. En plus d’être associé à un niveau de pratique élevé, le gros freeride, également appelé « backcountry », requiert une parfaite connaissance de la montagne et du manteau neigeux. Synonyme de liberté, de sensations fortes et de plaisir-avec-un-grand-P, il l’est aussi d’avalanche et de nécessaire sécurité.

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Question matériel, le freerideur se reconnaît à sa panoplie. Ses skis sont plus grands et plus larges que la moyenne, de façon à assurer une meilleure portance en neige profonde. L’intéressé est très souvent vêtu de vêtements typés « haute-montagne », plutôt sobres, plutôt composés de Gore-Tex et plutôt chers. Il sort très rarement sans son sac à dos « camel-back » équipé d’une poche à eau et sans l’indispensable trio DVA (détecteur de victimes en avalanche) – pelle – sonde.

Si vous voulez être sûr de le croiser, vous pouvez vous rendre à Chamonix du côté des Grands Montets ou encore à La Grave, domaine skiable des Alpes du Sud entièrement non balisé. Dans un registre un peu moins engagé, de nombreuses stations mettent en place des espaces spécialement dédiés. C’est notamment le cas des Menuires et de son « DVA park » ou de Courchevel et son « espace liberty ride »

4. Freestyle

Dans freestyle, il y a « free », comme dans « freeride ». Ici, c’est néanmoins de « liberté de style » qu’il s’agit. « Freestyle » signifie littéralement « style libre », autant dire un concept plutôt large.

Concrètement, un freestyleur est un amateur d’acrobaties. Il saute, glisse, tourne dans les airs dès qu’il en a l’occasion ou dès qu’une bosse se présente à lui. S’il lui arrive de pratiquer sur les pistes, il aime le plus souvent se faire plaisir dans des espaces spécialement aménagés, les snowparks. Ces derniers sont composés de modules ou obstacles ayant pour but de rendre l’acrobatie (encore) plus folle. Les modules les plus répandus sont les sauts, les hips (petites bosses) ou les rails (barres d’acier sur lesquelles les skieurs glissent à la manière des skateurs).

Comme son cousin le freerider, le freestyler se reconnaît à son équipement et à son style vestimentaire. Ses skis sont généralement dotés de doubles spatules, à l’avant et à l’arrière. Le freestyleur ayant tendance à aimer pratiquer « à l’envers », il se plait à skier et à sauter en étant dos à la pente. Ses vêtements sont plutôt larges et plutôt flashy. Parmi ses accessoires cultes : le casque audio XXL qu’il prendra soin de ne jamais cacher.

ski freestyle

Crédit photo HEAD – Johan Carlsson

5. All mountain

Comme son nom l’indique, le skieur « all mountain » est un skieur adepte de tous les types de montagnes. Suivant les magasins dans lesquels vous avez l’habitude de vous rendre, le « all mountain » peut parfois se transformer en « allround ».

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De tous les styles de pratique, c’est sans aucun doute le plus polyvalent. Un ski « all mountain » est un ski qui fonctionne aussi bien sur piste que dans un snowpark ou dans un champ de vingt centimètres de poudreuses. Idéal si vous pratiquez la plupart du temps sur itinéraire balisé mais aimez de temps à autre vous autoriser une petite digression.

La limite du genre commence lorsque les conditions requièrent l’utilisation de matériel vraiment spécifique du style énorme quantité de poudreuse ou ski à l’intérieur d’un halfpipe, demi-tube très apprécié des freestyleurs. Pour le reste, l’utilisation de skis ou tout autre matériel « all mountain » est la garantie de ne pas se tromper. Si vous ne savez pas trop sur quel segment vous situer, il y a donc de fortes chances  que celui-ci soit taillé pour vous.

6. Freerando

Le freerando est la dernière-née des pratiques.

A mi-chemin entre la randonnée pure et le freeride, elle permet de redécouvrir la montagne dans ce qu’elle a de plus sauvage et de plus naturel sans forcément être un as du piolet. Après des années de banalisation du hors-piste, un nombre croissant de skieurs souhaitent à nouveau goûter aux champs de poudreuse et aux couloirs vierges. Les hors-pistes de proximités étant tracés de plus en vite et de plus en plus tôt, ces derniers n’ont pas d’autre choix que de s’éloigner des itinéraires balisés.

Philosophiquement, le freerandonneur est souvent plus proche du freerideur que du randonneur, qui continue à faire un peu peur. Côté équipement, de nombreux fabricants proposent des skis adaptés à sa pratique, permettant une utilisation de type rando à la montée et classique à la descente. Même chose pour les chaussures avec l’apparition de nombreux modèles modulables.

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