Les métiers de la montagne : à la rencontre d’une Conductrice de Remontées Mécaniques

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Véronique fait partie des rares femmes à conduire ces machines complexes que sont les remontées mécaniques ! C’est elle qui veille à leur entretien et assure la sécurité des personnes à l’embarquement ou débarquement. Explications d’une femme passionnée par son métier.

Conducteur de remontées mécaniques

© Véronique

Intersport : En quoi consiste le métier de conducteur de remontées mécaniques ?

La première chose que l’on doit faire avant que les skieurs démarrent leur journée sur les pistes est d’entretenir la remontée afin de s’assurer de son bon fonctionnement. Ensuite je suis là pour accueillir les clients et répondre à leurs questions concernant la station, les pistes, les horaires des remontées mécaniques, les restaurants… Les demandes sont très variées !

Tout au long de la journée, mon rôle principal est de veiller à la sécurité des skieurs. Nous devons être particulièrement vigilants à l’embarquement. Les skieurs n’ont pas toujours les bons réflexes donc j’ai souvent besoin de les accompagner. Une fois le client bien assis, je dois m’assurer que le garde-corps est bien fermé et que le client n’a pas perdu quelque chose (ski, lunettes, gants, etc.). Comme je suis conductrice, je passe ma journée près du moteur, au départ ou à l’arrivée suivant le type de remontée. Nous avons un rôle complémentaire avec la vigie qui n’a pas de permis de conduire, et se trouve de l’autre côté de la remontée. C’est pourquoi nous communiquons beaucoup, notamment en cas de panne.

Intersport : Quels sont les différents types de remontées mécaniques ?

La remontée de base est le « fil neige ». On les trouve dans les jardins d’enfants, pour qu’ils s’exercent sur un remonte-pente. Il y a ensuite les téléskis ou plus communément appelés « tire-fesses ». Les stations disposent également de télésièges à pinces fixes ou débrayables. Ces derniers sont plus modernes et offrent l’avantage de pouvoir ralentir le siège au départ ou à l’arrivée, pour un meilleur confort. Les télécabines font aussi partie des débrayables. Certaines stations comme Tignes possèdent par ailleurs des funiculaires, qui sont des remontées sur rail. Les téléphériques, quant à eux, consistent en deux cabines qui contiennent beaucoup de places.

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Intersport : Comment-êtes vous devenue conductrice de remontées mécaniques ?

Je suis devenue conductrice complètement par hasard. J’avais fini mes études et pendant les vacances de février, la station cherchait du personnel pour les remontées mécaniques. J’ai été embauchée et mon employeur m’a demandé de rester plus longtemps que prévu car il lui manquait des salariés. J’ai donc continué et me suis prise au jeu !

Ce n’était pas facile d’être une femme dans ce milieu il y a 21 ans quand j’ai commencé. Cependant, je voulais vraiment savoir comment fonctionnaient les machines alors je n’ai pas hésité à demander si je pouvais passer les attestations de conduite, ce qui a pu être le cas quelques années plus tard. Le temps nécessaire pour devenir conducteur est très aléatoire. Cela dépend des besoins de l’entreprise, car la formation est coûteuse. Lorsqu’une personne est embauchée, elle passe d’abord un test d’agent d’exploitation. C’est un petit examen pour connaître les bases concernant la qualité de la neige, les remontées mécaniques, le damage, etc. Il faut avoir fait trois saisons sur un appareil pour pouvoir passer le « permis », surtout sur les débrayables car ils sont plus complexes que les téléskis. Pour obtenir l’attestation de conduite, il est ensuite nécessaire de passer un test d’une journée, pendant laquelle un jury nous évalue sur des questions théoriques et pratiques.

Intersport : Quelles sont vos difficultés au quotidien ?

Les principales difficultés sont surtout liées aux conditions météorologiques. Nous sommes dehors toute la journée donc ce n’est pas facile quand il y a des semaines de froid. Le travail est également assez physique, surtout quand il neige beaucoup car il faut dégager les couloirs d’embarquement ou débarquement tous les jours.

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De plus, ce n’est pas évident de gérer la situation lorsqu’il y a une panne et que nous sommes seuls à une machine. Il faut essayer de régler la panne, rester en communication avec la vigie et les autres collègues, ainsi qu’informer les clients. Mais heureusement, les pannes sont rares désormais avec les progrès qui ont été faits sur les nouvelles machines.

Intersport : Finalement, qu’aimez-vous dans ce métier ?

J’apprécie beaucoup le contact avec la clientèle. Lorsque les gens prennent le temps, c’est un vrai bonheur de pouvoir échanger avec eux. Nous avons aussi une très bonne relation entre collègues car il y a des personnes de différents horizons.

Le fait de travailler dans un environnement exceptionnel est également un des atouts principaux de notre métier ! Je suis née à Tignes mais je suis toujours émerveillée par le paysage. Je ne pourrais pas travailler dans un bureau… C’est une chance de pouvoir descendre quelques pistes tous les jours. Et même si le matin il faut déneiger, cela me permet de faire du sport (rires) !

http://vimeo.com/80876614

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