3 questions à Edgard Grospiron

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3 fois champion du monde et médaillé d’or en ski de bosses aux Jeux olympiques d’Albertville en 1992, Edgard Grospiron est un sportif accompli. Mais avant de réaliser ce qu’il appelle « son rêve de gosse », il s’est confronté aux joies et difficultés des premiers pas. C’est avec enthousiasme que ce champion a accepté de nous raconter ses débuts. Interview.

Quels souvenirs avez-vous de votre première descente en ski de bosses ?

Edgard Grospiron : J’ai commencé à m’intéresser au ski de bosses à l’âge de 12 ans. Je skiais depuis tout petit et faisais du ski alpin. Mais c’était trop sérieux pour moi ! J’ai toujours considéré le ski comme un loisir, je voulais m’amuser et avec le ski de bosses j’ai trouvé ce que je cherchais. Ma première descente en ski de bosses, c’était à la Clusaz. Je me suis fait peur parce qu’une piste de bosses c’est raide et au milieu la piste fait 150 mètres de long, ainsi que 300 mètres de large. Le problème, c’est que je n’avais pas la technique. La première descente a duré au moins 8 à 10 minutes, alors que normalement ça dure 40 secondes. Je suis tombé 4 ou 5 fois, c’était le désastre ! (rire). Pour autant, je ne me suis pas découragé. Grâce à mon entraîneur et en regardant les bons skieurs, j’ai vite progressé. J’avais un super coach, c’était quelqu’un de passionné et qui insistait sur le plaisir, l’enthousiasme et il y avait une vraie dynamique. J’étais très heureux ! Le ski de bosses, c’est un sport spectacle. Avec mes amis, on se marrait, on faisait des bosses tout le temps, on sortait des sentiers battus dans les arbres. C’était la franche rigolade ! Ça a vraiment commencé par le plaisir, même si au début la piste me faisait peur.

Compétition Edgard Grospiron. Crédits - Agence SWiTCH

Compétition Edgard Grospiron

 Quel est votre meilleur / pire souvenir lorsque vous avez débuté ?

 Edgard Grospiron : Mon meilleur souvenir, je l’ai eu avec mon entraîneur qui un jour m’a dit : « Tout le monde a peur, mais les champions dépassent leur peur ». Cette phrase m’a marqué parce que je me suis dit que finalement tout le monde pouvait être champion. Je pensais qu’un champion n’avait pas peur et que c’était « super man ». En fait, ce sont des gens qui ont aussi des craintes, mais qui ne lâchent pas et essaient de dépasser cette peur. J’avais compris qu’il fallait trouver des solutions non pas pour ne plus avoir peur, mais pour aller au-delà. Cela consistait à travailler pour avoir une maîtrise technique plus importante, car plus on développe l’expérience, moins on a de raison d’avoir de craintes.

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Mon pire souvenir, c’est vraiment ma première descente. Par la suite, j’ai progressé et j’ai passé de bons moments.

Que diriez-vous aux personnes qui débutent dans cette discipline ?

Edgard Grospiron : Je leur dirais de s’amuser, de se faire plaisir, et de mettre les bras devant. Le premier conseil qu’on m’a donné et que j’ai entendu tous les jours était : « tu mets les bras devant. » Il y a toujours une phase de découragement, qu’il faut surmonter. J’invite les gens à faire à aller au bout des choses, il faut persévérer, observer, recommencer, sans jamais s’arrêter. Je leur dirais aussi de remonter la piste avec cette volonté de travailler, de peaufiner le détail et se remettre en question. La motivation est un travail !

Edgard Grospiron.

Edgard Grospiron.

Merci Edgard pour cette interview !

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