3 questions à Raphaëlle Monod-Sjöström

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11 années en équipe de France de ski acrobatique, 20 victoires en coupe du monde, 45 podiums, vice-championne olympique et championne du monde… le palmarès de Raphaëlle Monod-Sjöström en ski de bosses est impressionnant. Elle remporte sa première coupe du monde à domicile à La Clusaz en 1989, boucle ses années compet’ en 1996 avec un titre de vice-championne du monde de freeride en Alaska et se lance 10 ans après dans les soins cosmétiques bios. Une reconversion naturelle pour celle que la nature a toujours suivie. Membre de la fondation 1% pour la Planète, Raphaëlle vient de lancer sa marque de soins du visage et du corps bio, Snö Eternelle http://snoeternelle.com  

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Raphaëlle Monod-Sjöström, ancienne championne de ski acrobatique (©Christoffer-Sjostrom)

WeLoveSki : Quels souvenirs avez-vous de vos débuts en ski et de votre première descente dans un champ de bosses ?

Raphaëlle Monod-Sjöström : j’ai su skier avant même de marcher ! En fait j’ai appris à marcher en skiant à l’âge de un an, c’était au mois de janvier en Autriche : mes parents m’avaient mis des patinettes pour que je tienne en équilibre et que je fasse mes premiers pas ! A l’âge de deux ans, j’évoluais en patinettes dans l’appartement de mes parents à la Clusaz, je ne voulais pas enlever mes skis. Je me souviens que mon papa me faisait skier en poudreuse, je m’accrochais à son bâton, j’adorais, je lui disais d’aller plus vite !

Ma première session dans les bosses, je devais avoir 12-13 ans. C’était à La Clusaz dans le mur du Loup (rebaptisé le mur d’Edgar, il a accueilli 10 coupes du monde dès 1985 et le championnat du monde de ski freestyle en 1995, ndlr). J’ai cette sensation que les bosses étaient aussi hautes que moi et que c’était bien parce que de toute façon j’avais une très mauvaise vue, je ne voyais pas le relief ! Ce mur est mythique, c’était le plus long et le plus beau mur de bosses du circuit mondial. Très raide, il était radical et super physique (Raphaëlle le dévalait en une quarantaine de secondes, ndlr). J’étais fière de courir à la Clusaz, les bosses se formaient naturellement avec le passage des bons skieurs.

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WeLoveSki : une anecdote à raconter sur vos débuts, votre meilleur et pire souvenir ?

Raphaëlle Monod-Sjöström : un des meilleurs souvenirs c’est de l’avoir dévalé ce mur de bosses en sac poubelle avec les entraîneurs du club des Sports, j’avais 12 ans. On ne pourrait plus le faire de nos jours ! C’est aussi d’avoir participé à trois Jeux Olympiques.

Mon pire souvenir ; m’être cassée le genou sans tomber, juste en me prenant pour super women aux championnats du monde en 93 où je survolais la journée. La réception du saut était béton…Je n’étais pas en position de tomber mais le choc a été si violent en réception que le genou s’est disloqué. J’ai surestimé mon corps, je pensais qu’il serait solide et il a craqué.

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Raphaëlle Monod-Sjöström, ancienne championne de ski acrobatique (©Christoffer-Sjostrom)

WeLoveSki : Quelles difficultés avez-vous rencontrées et comment les avez-vous surmontées ? Un conseil aux personnes qui veulent essayer le ski ?

Raphaëlle Monod-Sjöström : ma vue minimaliste, mes yeux ne voient pas le 3D, a fait que j’ai dû développé des sensations très tôt, comme les aveugles, et ça a sans doute dû m’aider. J’ai été obligée de skier très contact, de développer des sensations dès la spatule en anticipant. J’ai développé une technique de ski : comme je ne pouvais pas sauter comme les garçons qui survolaient les bosses en les tapant, moi je les amortissais, une technique d’avalement.

Les plantes figurent aussi dans l’héritage de mes années de compétition : les nombreux contrôles anti dopages liés à mon statut de sportive de haut niveau m’interdisaient d’utiliser des médicaments, un simple sirop antitussif ou un spray nasal pouvant se révéler positif au contrôle. Je me suis donc naturellement tournée vers le bio et les plantes naturelles pour me soigner et me concocter mon élixir du Suédois, mon huile arnica. Et puis je pense qu’il y a de l’ADN de famille : Théodore Monod, le pionnier de l’écologie moderne, est mon arrière grand oncle ! Mais c’est vrai que le sport m’a formé sur le soin naturel.

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Mon conseil pour débuter en bosses : mieux vaut les aborder dans la neige de printemps, mais surtout pas quand c’est verglacé ! Soyez préparés physiquement et mentalement prêts à l’attaquer comme pour un combat de boxe, le buste et les bras en avant dans un style agressif, en contrôlant votre vitesse. Si vous subissez, vous êtes foutus !

Merci Raphaëlle de vous être prêtée au jeu de cette interview !

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