Interview on a tous été un jour débutant : 3 questions à Antoine Deneriaz

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Antoine Dénériaz s’est illustré en descente, la discipline reine du ski. Après trois titres de champion de France, trois victoires en Coupe du Monde, le sacre du skieur de Morillon arrivera l’année de ses 30 ans, en 2006 avec son titre de champion olympique de la discipline aux Jeux Olympiques de Turin. Une fin de carrière en apothéose pour un athlète aussi discret que persévérant qui a raccroché de la compétition en décembre 2007, « ça fait bientôt dix ans que j’ai arrêté ma carrière et je n’ai pas vu le temps passer ! », s’étonne le champion. Peut-être parce qu’Antoine n’a jamais quitté le monde du ski, « j’ai continué à travailler pour quelques-uns de mes anciens sponsors dans les services commerciaux, marketing et communication. J’ai également passé beaucoup de temps sur la candidature malheureuse aux JO d’Annecy 2018. J’ai aussi repris des études et ai obtenu un Mastère de marketing à l’ESSEC en 2012 ». Parallèlement à tout ça, il a aussi créé « Dénériaz », sa marque éponyme d’accessoires de ski en 2009, « aujourd’hui, je m’occupe de la marque à « 200% » en manageant le processus de A à Z ! ». Antoine ne crée pas que des masques, des casques, des sous-vêtements techniques, et des skis, il a aussi pris le temps de « créer » une famille ! Avec un papa champion olympique, ses 2 garçons sont à la bonne école (la maman est également une ex championne) ! Antoine revient sur ses débuts en ski pour WELOVESKI.

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Antoine Deneriaz, champion olympique des JO en descente de Turin (@deneriaz_outdoor2016)

WELOVESKI : Quels souvenirs gardez-vous de vos début à ski ?

Antoine Dénériaz : J’ai plein de souvenirs de mes débuts à ski et il m’est difficile d’en retenir un en particulier. Ce sont des souvenirs de jeux, de plaisir, on s’éclatait au ski-club et en dehors ! Les pistes étaient notre terrain de jeu. À l’époque, il n’y avait pas de téléphone portable, encore moins de mails, d’internet et de médias sociaux, à la sortie de l’école, on se disait « RDV telle heure à tel endroit », on y était toujours, et on partait ! Je n’avais que 6-8 ans et je partais seul à pied de chez moi (ndlr : Morillon) pour aller au ski avec mes copains. On revenait à ski à la maison le soir, c’était top ! On avait un sentiment de liberté… On skiait tout le temps dès que nous n’étions pas à l’école, et même « entre midi et 2 » lors de la pose déjeuner entre les entraînements. Aujourd’hui, je n’ai pas vraiment de « pire » ou de mauvais souvenirs de cette époque, le sentiment qui me revient est juste celui du plaisir, de la passion que l’on avait pour le ski !

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WELOVESKI : Et quels souvenirs avez-vous de vos débuts en ski de descente ?

La descente a toujours été un rêve pour moi… Petit, quand on me demandait ce que je voulais faire quand je serai grand, je disais « descendeur » ! Mais si cette discipline m’a toujours attiré, j’avais aussi un certain « respect » pour elle. Respect vis à vis de la vitesse, des risques… Je ne suis pas un casse-cou dans l’âme, c’est un paradoxe. Mais malgré tout, j’aimais tellement cette discipline, le mythe qu’elle représente, que j’ai toujours travaillé pour progresser calmement, sans brûler les étapes et pour forger mon expérience. Quelque soit le niveau auquel j’accédais, courses poussins, benjamins, puis juniors, Coupe d’Europe, Coupe du Monde, il m’a toujours fallu un temps d’adaptation, que je me fasse mon expérience pour aller de plus en plus vite sur des pistes que je découvrais.

J’ai plein de souvenirs très forts. Le plus grand reste peut-être ma première fois à Kitzbühel ! C’était un genre de consécration. On n’est pas un « vrai descendeur » tant qu’on n’a pas fait Kitzbühel… J’avais des frissons partout, avant la descente au moment de la reconnaissance, pendant ma descente et après car tous les anciens m’avaient attendu à l’arrivée pour célébrer ma première fois en me disant « ça y est, tu l’as fait ! Tu es un descendeur ! »

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Antoine Deneriaz (@deneriaz_outdoor2016)

WELOVESKI : le ski de descente demande un engagement total, avez-vous rencontrées des difficultés et comment les avez-vous dépassées ? Aurez-vous aussi des conseils à donner pour ceux qui débutent dans cette discipline ?

Les « difficultés » étaient surtout liées au fait qu’il s’agit d’une discipline à risques qui demande beaucoup d’expérience. Il faut accumuler les kilomètres de descente et les années pour engranger cette expérience, dompter les pistes, les difficultés techniques, voir les appréhensions et la vitesse. Je les ai donc surmontées en travaillant beaucoup. J’y ai surtout toujours cru, je n’ai jamais abandonné, même dans les périodes compliquées. Je suis resté concentré sur mes objectifs, ma progression qui n’était pas toujours « rapide » mais le tout était d’apprendre tous les jours…

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Aujourd’hui, mes conseils sont surtout d’y croire, de travailler même dans les périodes difficiles et de ne jamais baisser les bras ! C’était mon rêve, je me suis toujours accroché pour aller au bout de celui-ci…

Merci Antoine pour ce partage d’expérience !

 

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