Chaussures de rando, chaussures de trail, comment s’y retrouver ?

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« Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l’un avance, l’autre veut le dépasser » s’amusait Raymond Devos. Raison de plus pour être bien chaussé !
Exit les gros, lourds et raides godillots en cuir, place aux chaussures légères que ce soit en randonnée et, à fortiori, en trail !
Alors quelle chaussure pour quelle pratique ? Afin de répondre à cette question, WELOVESKI s’est appuyé sur l’expertise de deux professionnels du groupe Intersport. Alexia KLAOUDATOU, chefs de produits chaussures de randonnée et Aurel BOULAY, chef de produit chaussures de trail, vous guident pour faire le bon choix.

Comment faire la différence entre une chaussure de randonnée et une chaussure de trail ?

- Une chaussure de trail, c’est une chaussure de running qui va s’équiper de toutes les options pour faire face aux éléments auxquels le traileur va être confronté, ce dernier courant sur les sentiers, souvent montagneux ; elles offrent soutien et traction avec une semelle devant garder une part de souplesse, une tige à la fois respirante et renforcée avec des pare-pierres.

- Les chaussures de randonnée sont pensées pour les pratiquants portant un sac à dos, de ce fait, elles offrent un soutien latéral à la cheville.  

Les deux types de chaussures sont généralement dotés d’une semelle caoutchouc pour la traction. Les semelles Vibram ou Contagrip sont les plus connues que ce soit pour la randonnée ou le trail, les semelles Michelin se répandent aussi sur le haut de gamme.

Autre particularité commune, le pare-pierres qui, comme son nom l’indique, protège des contacts fréquents avec les pierres : ce sont en général des matières plus dures et robustes, des renforts placées à l’avant mais aussi sur les côtés de la chaussure.

La différence se fait sur la densité et flexibilité de la semelle et de son empreinte, ainsi que sur les matériaux utilisés pour la tige. D’autre part les chaussures de trail adoptent des tiges basses, ce qui n’est pas forcément le cas pour une chaussure de randonnée.

 

 

 

Chaussure de trail Pro Touch

Chaussure de trail Pro Touch (de gauche à droite RIDGERUNNER M et RIDGERUNNER W Prix de vente Maximum 39,99 €)

Chaussure de randonnée McKinley

Chaussure de randonnée McKinley (de gauche à droite MAGMA AQUAMAX FEMME et MAGMA AQUAMAX HOMME Prix de vente Maximum 79,99 €)

Les caractéristiques d’une bonne chaussure de randonnée ?

Le choix d’une paire de chaussures de marche dépend principalement de votre pratique : de la distance et de la durée de la randonnée, des conditions climatiques, des terrains traversés, ainsi que du poids du sac à dos. A vous de déterminer si vous souhaitez des chaussures pour de la ballade sur sentier (campagne) ou dans les bois, pour des randonnées sur terrains accidentés avec du dénivelé (type moyenne montagne) ou pour faire des trekkings de plusieurs jours avec une charge lourde sur le dos…

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Les chaussures doivent être adaptées au niveau de difficulté du terrain avec a minima des semelles ayant une bonne accroche et du maintien, suffisamment d’amorti, mais aussi une membrane imperméable et respirante afin que les pieds restent au chaud et au sec.

La tige est destinée à maintenir et protéger le dessus du pied. Elle peut être en cuir ou en textile (fermée ou ouverte) selon la pratique, le niveau de respirabilité et la protection voulue.

Randonnée (crédit photo MCKINLEY-INTERSPORT)

Randonnée (crédit photo MCKINLEY-INTERSPORT)

 

Ce qu’il faut savoir pour faire le bon choix en randonnée 

Pour une ballade : les chaussures à tige basse (chaussures basses sans protection aux chevilles), elles sont rigides et ont une semelle moyennement cramponnée.

Pour une randonnée sur terrains accidentés : protégez vos chevilles avec des chaussures à tige haute (montantes) qui restent malgré tout légères avec une semelle bien crantée. Selon les goûts et la robustesse de ses chevilles, on peut aussi opter pour une tige basse.

Pour une longue randonnée : les chaussures sont plus lourdes et la tige plus haute, elles donnent une meilleure protection et maintien des chevilles. Des renforts latéraux vous protègeront des projections de pierres. Mais là encore, c’est une question de goût et d’aptitude physique, on peut très bien faire du trek avec des chaussures à tige basse, excepté si on monte haut en altitude.

Les caractéristiques d’une bonne chaussure de trail ?

Un pratiquant de trail qui court principalement en montagne aura besoin d’une chaussure privilégiant l’accroche de la semelle et la protection de la tige.

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-          Les modèles trail prévoient une double protection du pied avec des empiècements renforcés sur l’avant et sur la zone médiane.

-          Les semelles sont souvent agrémentées d’un cramponnage étudié. Plus la découpe est agressive, meilleure est l’accroche. La partie entre la tige et la semelle est souvent renforcée.

-          Les modèles sont souvent dotés d’un laçage rapide permettant un serrage précis, efficace en un seul geste. Un traileur, au gré des terrains parcourus, va en effet avoir besoin de modifier le serrage de sa chaussure. En traversant une zone humide, par exemple, les lacets se distendent et le pied n’est plus maintenu. A la descente, il faudra qu’il resserre ses lacets. Les marques proposent divers systèmes en réponse, notons par exemple le Quicklace® chez Salomon.

trail (©Intersport_2017)

Trail (©Intersport_2017)

 

Ce qu’il faut savoir pour faire le bon choix en trail

 Il faut que le traileur connaisse :

1)  Son terrain de prédilection

o   Plus le terrain va être glissant et accidenté, plus le traileur aura besoin d’une chaussure protectrice

o   Si un traileur coure régulièrement en sous-bois et sentier tracés, il faut privilégier une chaussure plus souple et légère qui conservera de bonnes propriétés d’accroche

2)  Ses attentes de pratique

o   Un traileur avide de vitesse choisira une chaussure dénuée d’un maximum d’éléments alourdissant la chaussure

o   Un ultra traileur, pratiquant de très longues distances en montagne privilégiera le confort de course, et donc probablement l’amorti.

Au niveau de la semelle, plusieurs options s’offrent au traileur : 

1) Une semelle très robuste (protection au détriment de la souplesse) pour des coureurs qui arpentent des terrains très accidentés, sachant que la vitesse en sera impactée.

2) Une semelle avec beaucoup d’accroche pour des terrains souvent glissants et accidentés. Avec ce type de semelle, les courses sur route et chemins tracés seront moins agréables.

3) Une semelle amortissante : plus l’amorti est important et moins la vitesse sera élevée. Un ultra traileur privilégiera ce type de semelle. En revanche, un traileur ultra léger pratiquant des courses à vive allure choisira plutôt des chaussures légères avec une semelle moins structurée.

Quid du drop ?

Le drop (exprimé en millimètres) mesure la différence de hauteur entre le talon et l’avant du pied, soit la différence entre l’épaisseur de la semelle à l’arrière et à l’avant de la chaussure. Attention, le drop n’exprime pas la hauteur de la chaussure. Par exemple, une chaussure avec une semelle extrêmement compensée pourra avoir un drop nul. Plus le drop est élevé, plus le coureur utilisera son talon en phase d’attaque du pied. Plus le drop est faible, plus le coureur utilisera son médio pied, voire son avant pied en phase d’attaque. Historiquement, le drop était aux alentours de 12mm. Avec l’apparition du minimalisme, les marques proposent de plus en plus de chaussures ayant des drops plus faibles. Celui-ci a d’ailleurs tendance à baisser. Un coureur qui délaisse son attaque talon au profit d’une attaque médio pied adoptera une foulée plus naturelle et donc moins traumatisante pour le corps. En effet, l’impact au sol n’est pas la phase la plus traumatisante chez le coureur. C’est bien la bascule entre la phase d’attaque et la propulsion qui est la plus traumatisante pour le corps, et notamment pour les genoux. Cela dit, un coureur ne peut pas changer de course du jour au lendemain. La foulée naturelle s’appréhende sur le long terme.

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Crédit photo MCKINLEY-INTERSPOT

Crédit photo MCKINLEY-INTERSPOT

Crédit Photo MCKINLEY-INTERSPOT

Crédit Photo MCKINLEY-INTERSPOT

Quelques astuces :

- Mettez toujours des chaussettes, mais jamais en coton, ce dernier n’évacue pas la transpiration.

- Pour votre confort, choisissez plutôt une chaussure imperméable et respirante dotée d’une membrane type Gore-Tex.

- C’est votre pied qui choisit, non vos envies. Le confort est primordial ; vous ne pourrez pas marcher avec une chaussure qui vous fait mal au pied à l’essayage.

- Prenez une chaussure ½ voir une taille au-dessus de votre pointure car le pied gonfle après quelques heures de marche ou de course. Le talon ne bougera pas pour autant, le système de laçage le bloquant correctement.

 

Post it :

Les marques référencées chez Intersport :

En trail : Adidas, Asics, Brooks, Hoka One One, Salomon

Pro touch est la marque de Trail chez Intersport. La marque couvre les prix que les marques délaissent (19,99€ à 49,99€).

En randonnée : Columbia, Dolomite, Garmont, Lowa, Meindl, Merrell, Millet, Salomon, Tecnica, The North Face.

Mckinley est la marque propre pour l’outdoor chez Intersport.

 

Alors ça marche ?!!

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