INTERVIEW ON A TOUS ÉTÉ UN JOUR DÉBUTANT : 3 questions à Sébastien Michaud, freerideur de La Clusaz

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Sébastien Michaud, 43 ans, c’est le monsieur tête à l’envers du ski, spécialiste du backflip (salto arrière) sur barre rocheuse. Le skieur de La Clusaz a excellé en freeride avec, parmi ses titres les plus emblématiques, deux titres de vice-champion du monde de freeride, en 1998 à Valdez en Alaska et en 2008 lors du Freeride World Tour. Il a aussi remporté l’Xtrem de Verbier en 2005, la référence pour tout freerideur. Seb est aussi un rider « durable » qui a trusté les podiums jusqu’à un âge avancé, près de 40 ans. Jeune « retraité » du world tour, il transmet aujourd’hui son amour du ski et du hors-piste aux jeunes. En hiver, il consacre en effet 75% de son temps à Evolution 2 (école de ski et d’aventures outdoor de La Clusaz), partagé entre les groupes de juniors qu’il coache à la saison en freeride et l’enseignement traditionnel à l’école. Autrement dit, en prenant un cours avec le champion, il peut vous emmener en hors-piste sur son terrain de la Clusaz.

L’été Seb « pédale à bloc » sur les routes et cols des Aravis, mais vous pouvez le retrouver chez Papaz’, le restaurant de sa compagne Sonia où il travaille pendant la saison estivale. WELOVESKI lui a demandé de se remémorer ses débuts à ski, entre autres…

Sébastien Michaud (©DomDaher_Argentina)

Sébastien Michaud (©DomDaher_Argentina)

 

WELOVESKI : Quels souvenirs avez-vous de vos débuts sur des skis ?

Sébastien Michaud : Je suis natif de Thonon-Les-Bains où j’ai vécu jusqu’à l’âge de 10 ans. J’ai commencé le ski à 3 ans. Je skiais beaucoup avec mes parents, les mercredis et les week-ends. Le ski scolaire de Thonon organisait des sorties avec des tarifs préférentiels sur les forfaits. On allait sur Morzine-Avoriaz, j’ai skié 11 ans là-bas. Gamin, je ne suis pas passé par les clubs des sports, j’étais vraiment tout le temps avec mes parents ; les souvenirs d’enfance que je garde c’est d’avoir découvert cette passion du ski non pas avec des copains ou un club mais avec mes parents. C’est vraiment la relation parents et fils qui a fait que j’ai aimé la montagne. Ce qu’ils m’ont transmis, aujourd’hui je le partage à mon tour avec mes enfants puisque mon fils Jules fait partie du groupe que je coache depuis 3 ans et ma fille Jade est au club de ski freestyle de La Clusaz.

Jules Michaud lors d’une coupe du monde, Freeride Junior Tour, en Andore (© Crédits photo : Dom Daher, Jacques Cheylus, Xavier Ferrand)

Jules Michaud lors d’une coupe du monde, Freeride Junior Tour, en Andore (©Dom Daher, Jacques Cheylus, Xavier Ferrand)

Ce qui m’a certainement poussé à faire la carrière qui fut la mienne par la suite, c’est que là où je m’éclatais le plus, ce n’était pas sur les pistes, mais à côté des pistes : les petits chemins dans les bois, faire un peu de poudreuse, sauter des petits cailloux. Dès qu’il y avait un saut il fallait que j’aille dessus. Petit à petit j’ai commencé à progresser. Puis le monoski est arrivé et, âgé de 10 à 13 ans, je n’ai quasiment plus touché les skis, je n’ai fait que du mono pendant 4 ans. Mon père en avait un, il fallait donc que j’en ai un aussi, en plus c’était la mode à cette époque. Le ski plaisir avec les parents ajouté à l’effet du monoski qui se pratiquait plus en hors-piste que sur piste, c’est comme ça que j’ai fait mes armes. Comme j’aimais bien sauter dans tous les sens et que j’ai fait pas mal de trampoline et de gym en compétition, en club à Evian où je suivais les stages d’été au centre acrobatique, j’ai été repéré par l’entraîneur du club des sports de la Clusaz et du comité Mont Blanc : Franck Dufour m’a proposé d’entrer au club de ski acro de la Clusaz car j’avais déjà un bon niveau technique en saut acrobatique. A L’âge de 14-15 ans, je suis venu à La Clusaz avec ma famille.

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Avant de commencer le ski acrobatique à 14-15 ans, je n’étais pas du tout attiré par la compétition, mais le ski acro était un sport assez fun, c’est ce qui me correspondait le plus, je ne me voyais pas faire de l’alpin !

Sebastien Michaud sur son terrain à La Clusaz (©Dom Daher, Jacques Cheylus, Xavier Ferrand)

Sebastien Michaud sur son terrain à La Clusaz (©Dom Daher, Jacques Cheylus, Xavier Ferrand)

 

WELOVESKI : Avez-vous eu de grosses frayeurs ?

Sébastien Michaud : Oui bien sûr, comme tout sport à risques, à un moment donné on joue… mais un peu trop ! J’ai été pris dans quelques avalanches, heureusement pas de celles où toute la face dégage, mais j’ai tout de même eu une grande chance de pouvoir m’en sortir à chaque fois. C’était des plaques à vent dans des endroits chauds, soit au-dessus de barres rocheuses, soit dans des couloirs. C’était donc exposé, mais je ne suis heureusement jamais resté en-dessous. En Alaska, je me suis arrêté 15 mètres avant de sauter plus de 100 mètres de barres rocheuses et de rebondir dans les cailloux ! Je savais exactement où j’étais, je n’avais qu’une seule idée en tête, c’était de m’en sortir alors j’ai tout fait pour rester le plus possible les skis vers le bas, je sentais que je reprenais mes carres, elles étaient bien positionnées, j’avançais latéralement et hop je me suis arrêté ! J’ai lutté, mais si je m’étais laissé aller en me disant on verra bien quand ça s’arrête, je faisais le grand saut. Je me suis fait prendre une autre fois à La Clusaz ; si je partais à gauche je sautais la barre, alors que si je lançais mon corps vers la droite je pouvais prendre un toboggan qui sortait et c’est ce que j’ai fait, j’ai envoyé tout le poids du corps sur la droite et j’ai pris le bon toboggan !

Sébastien Michaud entrain de sauter une barre rocheuse (©Dom Daher, Jacques Cheylus, Xavier Ferrand)

Sébastien Michaud entrain de sauter une barre rocheuse (©Dom Daher, Jacques Cheylus, Xavier Ferrand)

 

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WELOVESKI : Aujourd’hui vous enseignez et transmettez votre passion, quels conseils donneriez-vous aux personnes qui débutent en freeride ?

Sébastien Michaud : Il faut déjà avoir l’envie de découvrir, c’est-à-dire passer de partout. En freeride, il y a le plaisir bien sûr, mais l’apprentissage et l’évolution sont très importants avec la sécurité avant tout parce qu’on évolue dans un domaine qui est dangereux. Il faut apprendre tout ça. Ce n’est pas évident quand on a à faire à des adolescents. J’ai des groupes qui vont de 13 à 17-18 ans, il faut leur faire réaliser que chaque session est différente au niveau de la neige et que ça peut être dangereux du jour au lendemain. Certains ont du mal à le comprendre tant qu’ils ne sont pas sur le terrain pour le constater d’eux mêmes. Il faut tout un travail éducatif et un peu scolaire.

Mes recommandations au skieur lambda qui n’a jamais fait de hors-piste, c’est tout simplement de prendre une leçon avec un professionnel, avec nous chez Evolution 2 par exemple !

Vous avez compris, cet hiver, une session de freeride avec Sébastien Michaud s’impose ! Réservez votre cours.

L’école Evolution 2 
FB : Évolution 2 La Clusaz
Les partenaires de Sébastien Michaud : Scott et Norrona.

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