Comment bien choisir ses chaussures de ski ?

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Pour se pencher sur la question épineuse du choix de ses chaussures de ski, WELOVESKI est allé voir Sidas, le spécialiste du pied, qui analyse les vôtres ! L’entreprise voironnaise travaille autour des besoins des consommateurs afin de trouver l’optimisation maximale de la chaussure de ski, du chausson, de la semelle, mais également de la chaussette, de la chauffe, des séchages ou du confort global. Sidas forme entre 400 et 500 personnes par an dont les vendeurs des magasins Intersport.

Fort de 22 années passées dans la chaussure dont 10 chez Sidas, le responsable formation ski (et running), Laurent Taccusel vous explique comment bien choisir vos chaussures de ski.

© Sidas

© Sidas

 

WELOVESKI : Laurent, alors, comment bien choisir ses chaussures de ski ?

Laurent Taccusel : la réponse tient en une phrase : orientez-vous vers un spécialiste !

Il faut commencer par ça : un spécialiste qui a été formé sera à l’écoute de vos besoins.

C’est le technicien vendeur ou bootfitter qui va vous conseiller le type de produit adapté à votre pratique. Un moniteur de ski n’aura par exemple pas le même besoin qu’une maman ou un papa qui va skier une semaine par an avec ses enfants au jardin d’enfant.

Le travail quand on est bootfitter consiste à analyser le pied et les besoins du client pour lui préconiser le bon modèle de chaussure. Si besoin, il fait aussi la semelle, moule le chausson, et fais des déformations de coque.

Bootfitting - étape 1 © Sidas

Bootfitting – étape 1 © Sidas

WELOVESKI : Les chaussures de ski sont toutes différentes ?

Laurent : Chaque marque a un volume qui lui est propre. Que ce soit au niveau de la longueur, de la largeur des métatarses (la largeur va de 80mm à 106mm en pointure 26), de la hauteur du coup de pied, de la pince talon, du volume général, aucune chaussure n’est identique. Sans parler des interfaces c’est-à-dire le chausson – les marques ont différentes propositions de chausson- et la semelle de propreté ! Chaque marque a son propre fit et tous les pieds sont différents, il faut donc résoudre cette équation pour trouver chaussure à son pied. Une chaussure pour homme est différente d’une chaussure femme. Forme de pied, forme de tibia, pratique, vitesse, sensation de chaleur ou de froid, il y a tant de paramètres que la chaussure qui va à tout le monde n’existe pas !

Bootfitting - étape 2 © Sidas

Bootfitting – étape 2 © Sidas

WELOVESKI : Les questions à se poser avant d’acheter ?

Laurent : Elles sont simples : Pour qui ? Pour quoi c’est-à-dire quel type de ski vous pratiquez, à quelle fréquence et est-ce que l’élément performance rentre en compte dans votre choix de chaussure ?

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Le bootfitter peut demander à son client de lui  raconter sa journée type de ski.  Les besoins seront différents d’une personne à l’autre. Le client qui recherche de la performance est logiquement un bon skieur et va avoir une coque plus proche du pied, il sait à quoi s’attendre sur le « confort » !

Si quelqu’un recherche uniquement du confort, il est judicieux pour le technicien de lui demander s’il a tendance à avoir froid au pied. Avoir froid au pied est la 2ème cause d’arrêt d’une journée de ski après l’inconfort général.

La chaussure de ski va à l’encontre de la biomécanique du pied qui est fait pour se dérouler, pour avoir du mouvement en longitudinal et en latéral. Pour rendre ce « carcan » de chaussure de ski confortable, en prenant une pointure de plus, on s’affranchit des problèmes de confort, en revanche on aborde les problématiques de stabilité, de contrôle, de skiabilité.

Bootfitting - étape 3 © Sidas

Bootfitting – étape 3 © Sidas

WELOVESKI : La chaussure idéale existe-t-elle ?

Laurent : Aujourd’hui, la chaussure idéale n’existe pas, en revanche on a des solutions pour s’approcher du confort optimum. Ça se passe en 3 étapes.

Etape 1 : Le bon choix de coque. Ce choix se fait par une bonne mesure, donc une analyse du pied. Elle comprend la mesure du pied en mondopoint, la mesure latérale et la largeur des métatarses, la hauteur du coup de pied et la forme du talon pour la pince talon.

60% du travail est fait dans les 10 premières minutes si l’analyse est correcte.

Pour des mesures imparables, de plus en plus de magasins s’équipent de scanner 3D –nous travaillons avec le Corpus-e– qui fait un scan 3D du pied avec les répartitions d’appui. C’est le futur.

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Etape 2 : Une fois qu’on a fait le bon choix de coque, il faut stabiliser le pied avec l’ajout d’une semelle personnalisée ou pas. La semelle joue à 80% sur le confort. Sachez que Sidas vend des semelles 3D avec différents supports de voûte.

Etape 3 : Reste à faire le bon choix de chausson. On a le choix entre le chausson traditionnel ou le chausson dit custom fit de la marque de chaussure, le chausson thermo qu’on passe au four pour le mouler au pied, ou le chausson injecté dans lequel on injecte une mousse PU afin de le personnaliser encore plus. La mousse vient remplir les vides entre le pied, le chausson et la coque. Il existe 2 types de chaussons injectés : un typé confort, un autre typé racing.

Semelle Custom - © Sidas

Semelle Custom – © Sidas

WELOVESKI : Des astuces à savoir ?

Laurent : Sachez qu’une chaussure trop petite, on pourra toujours l’élargir, alors qu’il est impossible de rattraper une chaussure trop grande.

Vous pourrez avoir la meilleure chaussure qui soit, vous pourrez tout gâcher si vous n’avez pas les chaussettes adaptées.

La sèche est un autre élément capital : il faut toujours sécher vos chaussures. Déjà pour lutter contre la formation des bactéries. En activité, on arrive à perdre jusqu’à 33 cl de sueur par pied (l’équivalent d’une canette de soda) !

 

Merci Laurent pour ces conseils avisés. Rendez-vous dans les magasins Intersport pour les conseils avisés des techniciens du ski et bootfitters.

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