Splitboard : kezako ?

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Le ski a le ski de randonnée, le snowboard a le « splitboard », littéralement « planche séparée ». Cette pratique en pleine ascension foisonne d’innovations. Pour pratiquer le « split », il faut devenir randonneur : savoir faire des conversions, savoir marcher, savoir cranter un ski, faire mordre sa carre, ne pas oublier les bâtons, des choses ne relevant pas de l’évidence pour le snowboardeur qui n’a connu que les bords de pistes ou les snowparks ! Le monde du split peut sembler opaque pour quiconque le découvre, WELOVESKI vous éclaire.

 

Splitboard

De près non plus ! Les splitboarders empruntent la trace de montée des skieurs, sans problème. Il est préférable de faire des petits pas.

Il était une fois…

En 1984 dans le film mythique Apocalypse Snow, le génie de la glisse, Régis Rolland, n’évoluait que sur des terrains vierges sur son « surf des neiges », mais c’est l’hélico qui le remontait ! Durant de longues années, les snowboarders qui voulaient faire de la randonnée n’avaient d’autre choix que les raquettes à neige ou les mini-skis d’approche, board sur le dos : pas facile, lourd, lent. Un frein aux élans ! Puis le splitboard est arrivé et a ouvert les montagnes aux snowboardeurs.

 

Diviser pour mieux régner (sur la montagne) !

L’idée ? On monte en skis, on repart en snowboard grâce à une planche qui se coupe en deux (ou en 4) pour se transformer en skis qui permettront de monter en peaux de phoque comme un skieur de randonnée. Des skis qui redeviennent un snowboard à la descente grâce notamment aux fixations, qui passent du mode montée en mode descente et garantissent la solidarisation des deux skis.

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Le splitboard n’est pas nouveau, les premières split de série remontent à 1992 avec Nitro puis Burton en 1998. Mais peu de fabricants ont occupé cette niche durant une dizaine d’années. C’est Jeremy Jones avec sa marque éponyme lancée en 2010/11 qui contribuera à l’essor du split et à sa médiatisation. Mais c’est en 2014 que le splitboard prendra son envol grâce à l’arrivée de nouveaux systèmes de fixations rapides et fonctionnels qui passent de la position montée à la position descente en un tour de main.

Aujourd’hui, la plupart des marques proposent des splitboards et, outre les écoles de snowboard, la pratique intéresse des acteurs comme L’UCPA qui propose des stages à Chamonix et à Val d’Isère,. On commence aussi à trouver des splits en location, des modèles pour femmes et même pour juniors.

Jean-Luc Meyrier & Pierre Tardivel - Splitboard

De loin, en montée, le spliboarder ne se distingue pas des randonneurs à ski. A l’avant, Jean-Luc Meyrier évolue en split 4 parties, il porte le milieu de sa planche sur le dos. Derrière lui, Pierre Tardivel a opté pour une split 2 parties.

Split 2 ou split 4 ?

Si l’artisan Phénix a ouvert la voie du split 4 parties (un snowboard coupé en 3 dans le sens de la longueur et dont la partie centrale qui se coupe en 2 se met sur le sac à dos),

Salomon est le premier industriel à avoir sorti une split 4 qui a l’avantage à la montée : «  les skis plus étroits sont plus efficaces sur les traversées et dans les dévers, les peaux sont plus légères (avec 35% de surface en moins) tout comme les couteaux. On gagne environ 800 g sous le pied par rapport à un split 2 parties » dixit David Adamczewski, le développeur.

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Split 2 ou Split 4 ? « Celui qui veut faire de la poudreuse prendra un split 2 parties, celui qui veut faire de la randonnée et du long dénivelé un split 4 parties », résume David Adamczewski, mais en la matière, chacun ses goûts !

Sandra Stavo-Debauge - Splitboard

A la descente, aucune différence entre un splitboard et un snowboard traditionnel au niveau sensations si ce n’est que le splitboard qui porte l’accastillage de montée sera un peu plus lourd qu’une planche solide. Ici Sandra Stavo-Debauge dans la Face Sud Ouest du Charvin – Massif des Aravis.

Les fixations 

La réelle (r)évolution des interfaces split/fixation a permis au split de se développer. Le français PLUMsplitboard et les nord-américains Spark et Karakoram sont les 3 acteurs majeurs. Ils développent des fixations légères, intuitives et simples d’utilisation. Il existe aussi des fixations à plaque pour « hardboots », certains splitboarders évoluant avec des chaussures de ski de randonnée, c’est plus facile à la montée, mais les sensations sont moindres à la descente…

 

Les accessoires obligatoires 

Les peaux : placées sur la semelle des skis elle permet de glisser sur la neige sans reculer, bref de monter !

Les couteaux : à placer sous les fixations en mode ascension quand la neige est gelée pour ne pas déraper ou dévisser !

Une paire de bâtons télescopiques : 3 brins c’est mieux, pliés, ils se glissent dans le sac.

Un sac à dos avec un litrage suffisant pour ranger pelle et sonde, + l’option portage snowboard et skis. 20L c’est le minimum, 30L, c’est parfait pour une sortie à la journée.

DVA/Pelle /Sonde : essentiel, et non moins essentiel de savoir s’en servir.

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Le split pour les nuls

Ce n’est pas parce que vous avez acheté le matos dernier cri qu’il va tout faire à votre place ! Le splitboard peut paraître complexe quand on est snowboardeur et qu’on n’a jamais fait de ski de randonnée. Il n’en est rien, mais quelques conseils sont nécessaires.

Jean-Luc Meyrier & Sandra Stavo-Debauge - Splitboard

A gauche, en mode ascension, Jean-Luc Meyrier en split 4 fait glisser ses skis. A Droite, Sandra Stavo-Debauge en split 2 vous montre ce qu’il ne faut pas faire : soulever son ski !

Technique de base pour débuter

Position montée : veillez à inverser les skis. La partie gauche doit être à droite et inversement.

Apprendre à marcher : pour bien marcher à la montée, pousser un pied devant l’autre en le faisant glisser. Ne pas soulever son ski, c’est de la perte d’énergie. Si ça monte fort, mettre les cales de montée.

La conversion c’est ce qui consiste à repartir dans l’autre sens d’une traversée (les fameux Z à la montée) et c’est coton ! Entraînez-vous sur le plat ou sur de faibles pentes. Sinon, observer les skieurs de rando et essayer de les imiter !

 

Une fois que vous aurez goûté au splitboard, vous aurez du mal à revenir en station ! Vous voilà prévenus.

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