Magali Vauge, ingénieure textile chez Rossignol

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Avec des parents moniteurs de ski, Magali Vauge a grandi avec des skis aux pieds à Courchevel où elle réside toujours. Piquée de chimie, de mode et de ski, la savoyarde s’est orientée vers des études d’ingénieur textile et a déroulé sa vie professionnelle chez Rossignol où elle est en charge de la R&D (recherche et développement) pour la division Apparel. WELOVESKI l’a rencontrée.

WELOVESKI : Avez-vous des souvenirs de vos premiers pas à ski et qu’est-ce qui vous a poussé à travailler dans le monde du ski ?

Magali Vauge : oui je m’en souviens très bien, c’était dans les 3 Vallées à Courchevel. J’ai toujours été passionnée de ski. Mes parents étaient moniteurs de ski et je détestais qu’ils me mettent aux cours des autres : c’était trop bien de skier avec eux ! Je voulais exercer un métier en lien avec le ski. J’ai un diplôme d’ingénieure textile, j’ai donc fait une carrière plutôt scientifique. Chez Rossignol, au département textile, j’ai pu allier mes deux passions : la technicité et le ski.

Collection Hiver 2017/2018 © Rossignol

Collection Hiver 2017/2018 © Rossignol

WELOVESKI : Pratiquez-vous d’autres sports outdoor ?

Magali Vauge : oui ; tout ce qui touche à la montagne, c’est mon univers : beaucoup de VTT et toutes les formes de ski : randonnée à ski, ski sur piste, ski hors-piste et même un peu de snowboard. Je fais également beaucoup de montagne, de marche, marche sur glacier. En habitant en montagne, l’avantage, c’est que ce que je développe, je le teste. Quand je skie, j’ai toujours un œil sur les silhouettes que je vois, j’ai un peu l’impression de tout passer au radar !

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C’est essentiel d’être dans les produits qu’on développe, c’est comme ça qu’on se rend compte de ce qui fonctionne bien et de ce qui ne fonctionne pas et c’est comme ça qu’on fait évoluer les produits.

WELOVESKI : Vous étiez piqué de ski, mais aussi de mode pour faire des études d’ingénieur textile ?

Magali Vauge : oui, j’aimais aussi la mode, mais j’aimais beaucoup la chimie aussi. Et avec la chimie j’ai plutôt choisi l’option textile parce que c’était plus concret que de la chimie de laboratoire pure. Quand j’ai choisi l’option textile, je me suis passionnée pour tous les textiles techniques : les premiers tissus à membrane, Gore-Tex et tout ce qui sortait il y a une vingtaine d’années. C’est pendant mon cursus d’ingénieur textile que j’ai commencé à me spécialiser dans les tissus techniques pour le sport.

 

WELOVESKI : Combien de collections avez-vous développé pour Rossignol textile ?

Magali Vauge : je suis rentrée chez Rossignol en 1993 et de mémoire, on a commencé à développer une collection textile en 1997, ça fait donc beaucoup de collections ! A l’époque, j’ai commencé à développer les 1ers « junior programme » et les premières tenues Gore-Tex. Aujourd’hui je suis en charge de la R&D, c’est-à-dire de l’innovation pour Rossignol Apparel. De part l’origine de la marque, le ski, Rossignol a toujours fait évoluer la technicité, on transporte ça aussi dans le vêtement : on est toujours dans cette recherche de l’innovation pour faire évoluer le confort et la performance.

WELOVESKI : Justement quelle est la dernière innovation dans le ski wear ?

Magali Vauge : nous avons innové avec le Sensor Fit sorti cet 2017/2018 : c’est un vêtement avec du support musculaire pour augmenter la performance, le skieur choisit d’en avoir ou non. La guêtre intérieure de la veste joue le rôle du maintien musculaire et on l’a aussi développé sur le pantalon pour les muscles des cuisses. Ainsi, d’un vêtement passif qui est étanche et qui tient chaud, le vêtement apporte des choses en plus et devient actif, c’est notre grand sujet de développement en ce moment.

Collection Uber Tropical par Jean Charles de Castelbajac pour Rossignol

Collection Uber Tropical par Jean Charles de Castelbajac pour Rossignol

WELOVESKI : De quelles collections êtes-vous la plus fière et pourquoi : leur apport tant au niveau de la technicité, des matériaux que du style ?

Magali Vauge : je suis forcément fière des collections Jean-Charles de Castelbajac pour Rossignol. Elles nous poussent dans nos retranchements au niveau de la créa et aussi par la technicité des produits. Notamment la collection avec les zèbres et les tigres avec des procédés de sublimation. Cette collection forte baptisée « Uber Tropical » avait défilé à Courchevel et à Aspen aux Etats-Unis. C’est le photographe Oliviero Toscani qui avait assuré le shooting pour le catalogue.

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Parmi les pièces iconiques de Rossignol figure le Harness pant, un pantalon avec baudrier intégré breveté avec lequel on a eu des ISPO awards. La collection de freeride Bandit était aussi très forte.

 

WELOVESKI : Pouvez-vous nous dévoiler une nouveauté pour l’hiver à venir ?

Magali Vauge : on voulait revenir dans le freeride, mais ça ne nous intéressait pas de faire comme tout le monde, alors on a développé une veste produite en France (les vêtements techniques sont quasiment tous produits en Asie) et qui est entièrement soudée sans aucune couture. Il y a déjà eu des vestes soudées, mais c’est la génération d’après. On utilise de nouveaux tissus Sympatex extrêmement confortables, respirants, stretch et légers. Cette veste a un design hyper minimaliste : c’est la nouvelle génération du freeride. Un programme dont on est très fier parce qu’on apporte une esthétique différente, en plus de la technicité.

 

Merci Magali, rendez-vous cet hiver en magasin, mais d’ici-là découvrez la collection textile et lifestyle de vélo de Rossignol.

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