Nos conseils pour choisir son matériel de freerando !

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La freerando, contraction de freeride et de randonnée, est en pleine ascension. Cette pratique hybride et active entraîne des bouleversements dans l’équipement qui est désormais conçu tant pour la descente que pour la montée avec force innovations. Matériel de freerando, comment s’y retrouver, comment choisir ? Voici les conseils pratiques de WELOVESKI.

 

Vous voulez monter au-dessus des remontées mécaniques ? Vous êtes prêts à faire 400 à 500 mètres de dénivelés positifs en autonomie pour accéder en peaux en phoque à cette combe vierge si attirante ? C’est ça la freerando : un peu de montée pour beaucoup de descente.

Les marques, y compris les généralistes, ont pris la vague de la freerando en sortant des collections dédiées. Fédératrice, la freerando a fait le lien entre des mondes qui ne se côtoyaient guère : les mondes du ski alpinisme et le monde chatoyant du freeride.

Le matériel de freerando est conçu pour être fonctionnel à la montée, mais surtout pour le plaisir de la descente. Contrairement au ski de randonnée ou au ski alpinisme, pratique où la légèreté prime, souvent au dépend de la skiabilité, l’équipement de freerando cherchera le bon compromis entre la skiabilité et le poids et favorisera la descente.

Skis de freerando © Rossignol

Skis de freerando © Rossignol

Skis, fixations, chaussures : ce qu’il faut savoir

 

Côté ski

On l’a vu dans un article précédent , les géométries d’un ski de freerando sont similaires à celles d’un ski de freeride. La seule différence : un ski de freerando sera allégé grâce à l’utilisation de matériaux plus fins mais aussi de fibres intégrant plus ou moins de carbone.

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La largeur au patin (au centre de la chaussure) d’un ski de freerando va de 95 à 115mm. Ces skis assez larges ont généralement un rocker en spatule, ce qui rend le ski maniable en poudreuse et lui permet aussi de déjauger.

 

Côté fixations

Il existe deux familles bien distinctes :

  1. Les fixations à plaque type alpines comme la Salomon Guardian ou la Marker Tour qui disposent d’organes de déclenchement alpin posés sur une plaque pour la montée. Ces fixations sont certifiées TÜV, assurant qu’elles sont en conformité avec un certain niveau de sécurité défini par des normes. Un skieur alpin n’est pas dérouté quand il met les pieds sur ce type de fixations. Inconvénient : une fixation à plaque pèse plus d’1kg par pied. Ce type de fixation est voué à disparaître avec l’arrivée de fixations hybrides Low tech certifiées TÜV.
  2. Les fixations à inserts ou Pin qu’on appelle aussi Low Tech sont issues de l’univers du ski de randonnée. Elles sont précises, axées sur la légèreté et la montée : de 900 à 1,3kg la paire selon les marques. Le fabricant français Plum conçoit par exemple ses fixations de freerando avec une embase assez large pour s’adapter sur des skis allant jusqu’à 115 mm au patin. Elles sont disponibles avec ou sans stoppers. Attention, ne passez pas outre le réglage DIN  (cf. article prochain sur les fixations) pour les déclenchements des fixations : il va de 5,5 à 12 voir 14 sur ce type de fixations.

Dans cette catégorie, des fixations hybrides sont apparues depuis 5 ans : Dynafit Beast, Marker Kingpin et la Diamir Vipec notamment. Ces fixations ont amené des freins, une prise Low Tech pour faciliter la montée, et un déclenchement proche du niveau de l’alpin dans tous les cas de chute et suffisamment convaincant pour être certifié par le TÜV à la norme randonnée. « Ces fixations hybrides de nouvelle génération ont un niveau de sécurité qui devrait permettre de les utiliser tous les jours sur piste », s’avance Sébastien Rideau, brand manager pour les fixations Look.  Le frein : leur prix. Elles sont aussi plus lourdes, mécanisme de sécurité oblige, que des fixations Pin traditionnelles de randonnée.

Freerando - Crédits photo © Dirk Collins

Freerando – Crédits photo © Dirk Collins

Côté chaussures

La plupart des marques proposent des modèles pour la freerando. Ce sont en général des chaussures 3 ou 4 crochets dotées d’un flex soutenu entre 110 et 130 afin de retrouver les sensations du ski alpin en descente. Elles sont bien sûr débrayables et dotées d’un débattement afin d’avoir du confort à la marche dans les phases d’ascension.

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Tout l’enjeu est là : offrir le bon compromis montée/descente. Ces chaussures sont équipées d’inserts métalliques à l’avant et à l’arrière pour la compatibilité avec les fixations Low Tech. Elles ont aussi parfois des semelles interchangeables ce qui permet de les utiliser soit en mode ski alpin avec une semelle rigide et une fixation alpine, soit en mode randonnée avec des fixations à Pin avec une semelle type Vibram plus souple qui procure de l’adhérence pour monter skis sur le dos (comme sur la photo). Veillez à bien changer la semelles selon la pratique, car une semelle typée randonnée modifie le déclenchement sur une fixation alpine.

Enfin, n’oubliez pas les peaux de phoque !

 

Merci à Jeremy Deya de Plum pour son éclairage.

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