Sécurité : comment les DVA et sacs airbags peuvent vous sauver ?

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Le DVA (Détecteur de victime en Avalanche) et/ou le sac à dos airbag peuvent vous sauvez la vie. Afin d’en savoir plus sur ces accessoires de sécurité, WELOVESKI a rendu visite à Antoine Ferrero, chef de produit de la marque ARVA, fabricant français de matériel de sécurité. Interview.

Skieur équipé d'un sac airbag

Skieur équipé d’un sac airbag

WELOVESKI : Quels sont les principes et les fonctions d’un DVA ?

Antoine Ferrero : L’A.R.V.A ou DVA est un émetteur / récepteur qui fonctionne sur le 457Khz. C’est un petit boitier que les randonneurs ou freerideurs portent sous la veste et qui va émettre un signal.
Si quelqu’un se fait ensevelir par une avalanche, ses compagnons vont passer leur DVA en mode recherche. Ils pourront alors localiser la personne ensevelie.

Il est important de s’entrainer, de connaitre son DVA car tout est plus compliqué sous la pression de l’accident.

WELOVESKI : Et ceux d’un sac airbag ?  

Antoine Ferrero : Le sac airbag fonctionne différemment, l’objectif est de rester en surface de l’avalanche pour éviter d’être enseveli. Le sac est  équipé d’une poignée de déclenchement sur la bretelle, qui va gonfler 1 ou 2 ballons pour un volume total de 150L. Le principe physique est celui de la ségrégation inverse : dans un fluide en mouvement, les grosses particules ont tendances à monter.  Dans notre cas le but est de garder le skieur en surface de l’avalanche.

DVA et sac airbag sont complémentaires.

Dispositif DVA de la maque ARVA

Dispositif DVA de la maque ARVA

WELOVESKI : Comment se passe le développement d’un DVA et quelles sont les tendances pour les nouveaux appareils ?

Antoine Ferrero : Chez ARVA l’ensemble du développement et de la fabrication se fait en France. Il s’accompagne de nombreux tests terrains sur lesquels des représentants de plusieurs organismes sont impliqués : PGHM, pisteurs secouristes, pompiers, guides, moniteurs…
Les nouveaux appareils se veulent performants en recherche avec une bonne largeur de bande de recherche (60m) et une bonne gestion du multi-victimes si plusieurs personnes sont ensevelies. Ils deviennent de plus en plus intuitifs et simples d’utilisation.

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WELOVESKI : Et le développement d’un un sac airbag ?

Antoine Ferrero : Comme pour les DVA, la plupart des pièces sont fabriquées et assemblées dans un rayon d’une cinquantaine de kilomètres. Le développement est un processus relativement long car ce type de sac est beaucoup plus technique qu’il n’y paraît.

Les contraintes dans une avalanche sont énormes : la construction du sac s’apparente à celle d’un baudrier d’escalade, les coutures doivent résister à 300 kg à l’arrachement. Le système gonflage est très complexe, seulement 1/3 du volume de gaz contenu dans les ballons vient de la bouteille, le reste vient de l’extérieur grâce à un effet venturi. Ce venturi est le cœur du système, il doit gonfler efficacement même sous contraintes (dues aux blocs dans l’avalanche). La poignée et le système de déclenchement sont aussi des éléments importants : nos sacs peuvent être portés pendant 100 jours par an par des pisteurs, en passant de -20C° à +20C° plusieurs fois dans la même journée, la fiabilité mécaniques de ces éléments est indispensable, quelles que soient les conditions météos.
La légèreté et la compacité sont les grandes tendances des derniers développements des marques.

 

WELOVESKI : A quoi faut-il être attentif quand on achète un DVA ?

Antoine Ferrero : Il est important d’acheter une pelle et une sonde avec son DVA, car la recherche DVA ne représente que 20% du temps du secours, les 80% qui restent sont le sondage et le pelletage.

Le plus important est de savoir s’en servir, quel que soit le modèle acheté. Prenez le temps de vous entraîner dans la neige dans un champ en légère pente. La plupart des grandes marques proposent des appareils de bonne qualité, rien ne sert de prendre un appareil de professionnel avec de nombreuses fonctions si vous ne vous entrainez pas régulièrement. Avoir un appareil trop compliqué peut même ralentir votre recherche.

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Attention aux vieux appareils, je suis surpris de voir autant d’appareils qui ont 10 voir 15 ans dans les mains de randonneurs. Outre la qualité d’émission qui peut être aléatoire, le temps de recherche est souvent 3 à 5 fois plus long qu’avec un appareil nouvelle génération. En cas de doute, toutes les marques sérieuses proposent des révisions.

Sac airbag

Sac airbag

WELOVESKI : A quoi faut-il être attentif quand on achète un sac airbag ?

Antoine Ferrero : Ce marché assez récent a vu de nombreux acteurs arriver en peu de temps. Une norme européenne a été publiée en 2017. Elle permet de garantir un certain nombre de points importants pour assurer la sécurité du consommateur (taille du ballon, puissance de gonflage, résistance des sangles, etc.). Dans un premier temps, exigez un sac répondant à la norme et méfiez-vous des grosses remises sur certains anciens modèles.

Attention, la marque doit proposer une prestation de révision et/ou de contrôle qui l’engage.

 

Pour conclure, le meilleur matériel de sécurité, c’est votre cerveau ! Sachez renoncer en haut d’une pente.

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