Nelly Moënne-Loccoz, l’étoile du snowboardcross

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A 28 ans, la snowboardeuse Nelly Moënne-Loccoz est membre de l’équipe de France de  Snowboard. Avec plusieurs titres de vice-championne du monde et de championne du monde par équipe, elle truste bon nombre de podiums en snowboardcross et réalise sa meilleure saison l’hiver dernier avec un podium sur le classement général de la Coupe du Monde. Seule manque la breloque olympique à son palmarès, ce qui la fait rempiler sur le circuit jusqu’aux Jeux Olympiques de 2022. WELOVESKI a rencontré la bornandine. Interview à toute vitesse !

FIS Snowboard World Cup - Nelly Moënne-Loccoz © Miha Matavz/FIS

FIS Snowboard World Cup – Nelly Moënne-Loccoz © Miha Matavz/FIS

WELOVESKI : A quel âge avez-vous débuté le snowboard ?

Nelly Moënne-Loccoz : J’ai commencé le snowboard il y a 18 ans dans ma station au Grand-Bornand, j’avais 10 ans. L’année d’après j’attaquais les compétitions au niveau régional et national. Mes premières coupes du monde, c’était en 2008-2009, l’année du bac.

 

WELOVESKI : Vous êtes donc  passée par le ski avant de vous mettre au snowboard ?

Nelly Moënne-Loccoz : Oui, mon père Philippe est moniteur de ski au Grand-Bornand depuis au moins 25 ans et j’ai donc fait du ski toute petite. Il voulait que je passe ma 3ème étoile avant de me laisser faire du snowboard. Je l’ai ratée la 1ère fois et j’ai été la honte de Philippe pendant une année ! Je n’avais pas compris le feston de base (ce sont des entames de virages) ! Je l’ai eu au deuxième coup puis j’ai attaqué le snowboard au club du Grand-Bornand.

 

WELOVESKI : Vous teniez vraiment à faire du snowboard, pourquoi ?

Nelly Moënne-Loccoz : Oui. Gamine, je n’avais pas forcément d’atomes crochus avec le ski, aussi étonnant que ça puisse paraître car aujourd’hui je m’amuse beaucoup en ski. Alors que je skiais en haut du Roset, j’ai vu un gamin de mon âge en snowboard qui avait l’air de trop se marrer. Nos yeux se sont juste croisés, mais c’est une image qui me reste : lui il se marrait et moi je m’ennuyais comme un ras mort ! J’ai voulu faire du snowboard parce que ce gosse avait une super banane. C’était aussi un pas vers l’indépendance parce que le ski, j’y allais avec mes parents et le snowboard, j’y allais avec mon grand cousin puis avec les copains au club.

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WELOVESKI : vous  souvenez-vous de vos premières sensations en snowboard ?

Nelly Moënne-Loccoz : Oui, je me souviens même de la piste où j’ai commencé ! Comme tout débutant je faisais des traversées de piste et j’attendais le dernier moment pour tourner car le virage, c’est là où tu t’engages vraiment dans la pente et où tu es en « no control » ! J’avais juste fait une leçon auparavant avec mon père au jardin d’enfants : un pied sur la planche, apprendre à glisser, apprendre à tourner. Puis je suis partie sur cette piste, en solo,  et il fallait bien tourner ! Je faisais des grandes traversées de piste avec cette boule d’angoisse au moment du virage et le soulagement quand ça marchait ! Physiquement, j’ai des capacités, j’ai toujours fait du sport : un peu de skate, de ski nautique. A 10 ans tu n’as pas peur de t’engager dans la pente.

Nelly Moënne-Loccoz

Nelly Moënne-Loccoz

WELOVESKI : Qu’est-ce que le snowboard vous procure ?

Nelly Moënne-Loccoz : Mon centre d’intérêt, c’est la performance, la recherche de la perfection du mouvement et c’est d’aller vite. Qu’est-ce qui fait que tu vas vite en boardercross, c’est la grande question : tu le touches du doigt à certains moments et ça te paraît complètement obscur à d’autres. C’est un savant mélange d’engagement, d’agressivité et de relâchement, une équation qui n’est pas évidente à trouver.

Hors compétition, ce que j’adore, c’est la neige de printemps en fin de saison : aller rider avec les copains, en lunettes de soleil et s’amuser sur les bords de pistes. Au Grand-Bornand, c’est super : ce n’est ni trop raide, ni trop plat et le terrain n’est pas maxi aseptisé. Il y a encore des petits goulets, parfaits pour s’amuser dans la neige de printemps.

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WELOVESKI : Qu’est-ce qui vous plaît dans le boardecross ?

Nelly Moënne-Loccoz : C’est la variété : il y a des sections de départ, des virages, des sauts, des phases aériennes, des phases au sol. C’est ludique, on est confronté à du nouveau tous les week-ends.

Je ne peux pas dire que j’aime rider avec les autres car ce n’est pas vraiment vrai ! Ma zone de confort, c’est quand je connais toutes les possibilités d’une ligne, quand j’ai dans la tête le profil de mes adversaires et que je sais les possibilités qu’elles ont pour faire des dépassements. Le boardercross, c’est de la physique : c’est lâcher une bille, c’est jouer au bowling, c’est des forces centrifuges. Le principe, c’est d’aller le plus vite en bas. Pour réaliser ça, il n’y a pas un milliard de possibilités : il y a une entrée haute, une entrée basse et une entrée milieu avec 3 sorties, ça ne fait jamais que 6 possibilités par virage !

 

WELOVESKI : Des recommandations pour quelqu’un qui voudrait se mettre au snowboard ?

Nelly Moënne-Loccoz : Il faut bien choisir sa journée : ne pas y aller un matin quand c’est bleu glace, mais attendre que la neige dégèle. Etre autodidacte c’est très bien, mais c’est aussi le bon moyen pour se faire peur, pour se tordre un poignet ou un genou au bout de 15 minutes et rentrer en se disant que le snowboard c’est nul. Il est préférable de prendre un cours pour aller dans le sens de la progression et elle va très vite, c’est ce qui est bien dans le snowboard, on peut vite s’amuser. Autant en profiter et mettre les choses les unes après les autres : attaquer par du facile sur une piste au soleil et, au bout de 3 ou 4 séances, sortir de la piste et se marrer dans la poudreuse !

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Les partenaires de Nelly : Le Grand-Bornand, Caisse d’épargne Rhône-Alpes, Uvex, Reusch, snowboard Apex, fixations Nidecker, montres Alpina.

Employeur : Gendarmerie Nationale

www.nellyml.com

 

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