Nicolas Mermoud, cofondateur de Hoka One One

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Forte de près de 3 millions de paires vendues dans le monde, Hoka One One est la marque qui a enregistré la progression la plus rapide de l’histoire du running avec Nike. Une success story pour cette marque bondissante née entre Annecy, Chamonix et Les Contamines-Montjoie. Nicolas Mermoud, son cofondateur, a accordé une interview à WELOVESKI. Ce sportif hors pair s’est classé 3ème aux débuts de l’Ultra Trail du Mont Blanc.

Nicolas Mermoud - cofondateur de Hoka One One

Nicolas Mermoud – cofondateur de Hoka One One

WELOVESKI : Pouvez-vous vous présenter ?

Nicolas Mermoud : J’ai deux facettes : le sportif expert passionné qui a toujours consacré beaucoup de temps aux sports de nature : ski en compétition jusqu’à mes 25 ans, freeride, puis raid aventure, vélo et trail en compétition. Avoir une pratique hyper impliquée à la limite pro, c’est le moyen en tant que professionnel d’expérimenter, de comprendre les tendances et de rester pointu : c’est mon propre observatoire des tendances.

 

WELOVESKI : Vous avez commencé votre parcours professionnel dans le ski avant de fonder Hoka One One ?

Nicolas Mermoud : J’ai conduit les premiers projets skis chez Salomon jusqu’en 1998 avec la 1ère et la 2ème génération de skis : le X-Scream, le Teneighty et le Snowblade qui est le plus gros succès de l’histoire de Salomon avec le X-Scream. J’ai travaillé au marketing international pour Dynastar, Lange et Look de 1998 à 2001 avant de monter une structure de conseil jusqu’en 2008, année où on a commencé à évoquer la création de  Hoka avec Jean-Luc Diard avec qui je partage le goût du ski, de l’aventure, de la vitesse et de la voiture. Les fondations de la marque ont été posées avec 3 pionniers : Christophe Aubonnet, Sébastien Mazars, l’expert de la Chine, du développement et Jay Taylor pour l’Amérique du Nord.

Hoka One One - modèle Speed Instinct (homme)

Hoka One One – modèle Speed Instinct (homme)

WELOVESKI : Quelles sont les idées fondatrices qui vous ont amenés à créer Hoka One One ? 

Nicolas Mermoud : La chaussure s’est imposée rapidement parce rien n’avait bougé depuis longtemps dans ce domaine. L’idée fondatrice était la suivante : nous qui sommes des glisseurs et des amateurs de vitesse étions frustrés dans les descentes en course à pied, d’abord parce que ça n’allait pas assez vite et parce que c’était traumatisant. Nous voulions une chaussure inspirée du mountain bike de descente ou du ski de freeride qui était grosse, qui amortissait le terrain et qui nous permettrait de battre des records en descente. C’était notre idée de départ et on pensait même que ça allait devenir une pratique comme le VTT de descente.

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WELOVESKI : Les chaussures se démarquaient avec un look atypique ?

Nicolas Mermoud : En effet, c’était une chaussure oversize. Le 1er nom qu’on avait donné à la technologie était Hovercraft. Les effets induits des produits oversise sont les notions de confiance, d’efficacité, de confort.

 

WELOVESKI : Quels sont les fondamentaux de Hoka ?

Nicolas Mermoud : Le mot d’ordre de Hoka c’est de voler. La technologie c’est une semelle « rocker »  dans l’esprit d’un engin qui glisse ou qui roule : le rocker est là pour créer de la continuité dans le mouvement, son but est de faire rouler la chaussure vers l’avant pied le plus vite possible pour créer une notion de fluidité. On a associé le rocker d’une part à un low-drop de 4mm pour être tout de suite en contact avec la partie avant du pied, alors que les chaussures à l’époque faisaient 12mm.

D’autre part à un amorti plus important pour avoir à la fois un atterrissage plus doux et un rebond rapide et efficace. Nos chaussures se font oublier et permettent à la fois une transition très rapide vers l’avant pied et un rebond dynamique qui vous propulse dans les airs le plus longtemps possible car ce qui fait qu’une foulée est efficace, c’est le ratio entre le temps passé au sol et le temps passé dans les airs.

Comme les géométries et matériaux qu’on a expérimentés se sont révélés très rebondissants, la chaussure a immédiatement dépassé le cadre de la descente.

Hoka One One - modèle Challenger ATR4 (homme)

Hoka One One – modèle Challenger ATR4 (homme)

WELOVESKI : Hoka ne s’est donc pas fait qu’une place dans le monde du trail running ?

Nicolas Mermoud : On associe souvent Hoka avec le trail et la montagne, mais au bout de 3 mois on sortait des chaussures de route. Notre team se compose d’athlètes de trail, de route, de triathlon et de piste. Hoka est la marque n°1 en Iron Man, avec la plus forte part de marché dans le triathlon longue distance. On voit la Hoka comme une grosse chaussure confortable mais il y a des gens qui courent le marathon en 2h11 chaussés de Hoka !

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Aujourd’hui 2/3 du business se fait aux EU, et 80% se fait sur la route. Notre gamme compte environ 150 références.

 

WELOVESKI : Où se fait le développement des produits ?

Nicolas Mermoud : Il se fait de façon concertée entre 3 lieux et sites. Le 1er site et le 1er observatoire est la première région de running du monde : la Californie du Sud, Santa Barbara, la Mecque du running californien, de la course, du footing, du marathon.

Ensuite, il y a une antenne dans les Alpes à Annecy, le berceau de la marque et de l’outdoor qui gère 3 choses : des produits de haute compétition qui sont des produits de service course, des produits un peu plus orientés montagne et enfin cette cellule fait de la recherche avancée. Le 3ème site, c’est l’Asie, la Chine et le Vietnam. On est dans la Mecque du développement des matériaux qui est le bassin de Canton en Chine.

 

Pour faire un bon en avant, découvrez en magasin les derniers modèles Hoka One One :

  • la Mach et sa légèreté insolente,
  • la Cavu, chaussure de running polyvalente,
  • la Challenger ATR4 pour le trail.

 

 

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