Les bonnes conduites en hors-piste

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Pratiquer le hors-piste est un plaisir qui ne tolère pas l’improvisation. Lors d’une journée de formation à l’ISTA (International Snow Training Academy) à Verbier, WELOVESKI a demandé à Dominique Perret, pionnier suisse du freeride et fondateur de cette formation, ses préconisations en hors-piste.

Le nombre de pratiquants de freeride et de ski de randonnée est en forte augmentation.

Environ 200 personnes perdent la vie chaque année dans des avalanches dans les Alpes, aux États-Unis et au Canada. 90 % des avalanches sont provoquées par le skieur lui-même ou un membre de son groupe. 1 victime d’avalanche sur 2 meurt. La montagne n’est pas un produit de consommation, il faut être conscient des risques. Les minimiser nécessite de l’observation, du bon sens et de l’apprentissage. « Il est nécessaire d’investir activement dans l’éducation afin de rendre la montagne plus sûre », dixit Dominique Perret, le fondateur d’ISTA, premier programme international de formation destiné au grand public, adepte de poudreuse et de montagne. Voici ses recommandations.

 

1 – Comprendre l’environnement, la clef !

« Ce qui me semble le plus important, c’est de s’éduquer pour comprendre l’environnement dans lequel on évolue ». Cf. infos et liens sur les formations en fin d’article.

 

2 – S’équiper : DVA, pelle, sonde

En hors-piste, le triptyque DVA (détecteur de victime en avalanche), pelle et sonde est indispensable. Un sac airbag est un plus. Ces accessoires de sécurité sont répandus et vous pouvez aussi opter pour la location à défaut de les posséder. « Ça ne sert à rien d’avoir un équipement si vous n’avez pas des connaissances en amont. Savoir s’en servir c’est une chose, mais éviter d’avoir besoin de s’en servir, c’est ça le plus important. Une formation apprend non seulement à utiliser ce matériel, mais surtout à évaluer et à prévenir les risques », prévient Dominique.

© Raphaël Surmont/verbier.ch

Dominique Perret, fondateur de ISTA, enseigne à ses élèves les règles élémentaires lors d’ateliers sur le terrain. Ici à Verbier en Suisse.

3 – Les facteurs humains

Se connaître soi-même, apprendre les mécanismes qui font que parfois, on ne va pas suffisamment s’écouter, alors qu’il le faut. Etre capable d’évaluer sa forme physique et psychique qui peuvent être différentes l’une de l’autre est un gage de sécurité avant de s’engager en hors-piste.

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4 – S’informer 

Collectez un maximum d’informations :

– Prendre connaissance de la météo et du bulletin des risques d’avalanche (BRA). En France sur http://www.meteofrance.com/previsions-meteo-montagne/bulletin-avalanches. Les risques d’avalanches vont de 1 à 5 (risque maximum). Il n’y a pas de risque zéro en montagne.

Savoir interpréter ces informations en fonction des altitudes, des versants, etc.

– Ne pas avoir peur de demander des informations aux locaux : les pisteurs, les guides de haute montagne.

Risques Avalanches

Renseignez-vous sur les risques d’avalanche. Ils sont affichés dans les stations et vont de 1 à 5 qui est le risque le plus fort.

5 – Avoir des plans B

Quand on a une idée de hors-piste, il faut avoir des options en tête pour ne pas rester sur une descente ou une ligne si cette première ligne ne marche pas : un plan B, un plan C et un plan D. « Il y a 26 lettres dans l’alphabète, plus on a d’options mieux on est ».

 

6 – Autres consignes 

Ne jamais partir seul(e).

Prévenir de son itinéraire et de l’horaire prévu de retour.

Établir un itinéraire adapté à son niveau physique et technique.

Renoncer si les conditions sont trop incertaines.

 

7 – Les fondamentaux sur le terrain

Le bon sens en action : « ne pas être un étranger dans le milieu et comprendre le milieu dans lequel on évolue minimise le niveau de risques. Ouvrir ses yeux, ouvrir ses sens, regarder, observer le terrain, la neige. Sentir, c’est très important : le vent, la visibilité, l’aspect de la pente. Toutes ces choses nous donnent des informations et la nature va donner beaucoup de réponses.  ».

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Se souvenir des règles de déplacement en groupe :

  • jamais à plusieurs dans la pente : évoluer un par un en cas de doute sur la stabilité de la neige,
  • garder de l’espace entre vous,
  • garder ses coéquipiers à vue,
  • se préoccuper de celui qui est derrière soi,
  • ne pas suivre de traces sans savoir où elles mènent.
© Raphaël Surmont/verbier.ch

Cours ISTA lors d’une sortie avec guides à Verbier en Suisse. La coupe de neige se pratique pour étudier le manteau neigeux.

S’équiper c’est bien, mais se former c’est vital ! Votre cerveau est votre meilleur outil de sécurité, utilisez-le.

 

POST-IT

Le site de l’ANENA (Association Nationale pour l’Etude de la Neige et des Avalanches) est une mine d’informations http://www.anena.org/

Pour se former :

– L’ANENA dispense de nombreuses formations : http://www.anena-formation.com/

– Des stations françaises s’impliquent aussi dans la formation. C’est notamment le cas aux 2 Alpes où les vacanciers peuvent se sensibiliser gratuitement à la pratique du hors-piste dans le cadre de l’animation FREERIDE ATTITUDE, chaque mardi.
– Le pro-rider Victor Daviet sensibilise les riders de manière ludique, sans leur faire la morale avec le Safety Shred Days organisé à Arêches-Beaufort en janvier. La vidéo de cet événement à consulter ici : https://youtu.be/Zj5gSrK3eb4

– ISTA est présent dans plus de 43 stations dans 6 pays de l’Arc Alpin. www.ista-education.com

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