Daniel Traber : profession guide de haute montagne !

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Professionnel de la montagne, le guide ouvre la voie, tient la corde, vous assure et vous rassure. Passé par le secourisme au PGHM, puis formateur de secours en montagne pendant près de 30 ans, Daniel Traber, 53 ans,  est un « jeune » guide de haute montagne puisqu’il exerce depuis 7 ans. Il s’est confié à WELOVESKI sur son métier passion.

WELOVESKI : Comment êtes-vous arrivé au métier de guide ?

Daniel Traber : originaire d’Alsace, j’ai toujours skié dans un milieu associatif et grimpé dans une carrière en face de chez moi. A l’occasion de mon service militaire dans un peloton de montagne dans les Vosges, j’ai pu côtoyer ce monde de la montagne. Partant de zéro, la route a été longue pour arriver à être affecté au PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne) de Modane en 1992. 4 ans après, j’ai intégré le CNISAG (Centre national d’instruction de ski et d’alpinisme de la gendarmerie) où je formais des gendarmes de secours en montagne. J’ai donc été guide en gendarmerie, avant d’être guide pour des particuliers.

 

WELOVESKI : Qu’est-ce qui vous a attiré dans ce métier ?

Daniel Traber : il y a 36 manières d’exercer ce métier. Après presque 30 ans de secours en montagne, qui est une facette du métier de guide, j’avais envie de revenir au fondement du guide dont le maître mot est le partage : partage de valeurs primordiales comme l’entraide, le goût de l’effort, partage de passion, partage de l’environnement, partage d’un milieu particulier, en toutes saisons.

WELOVESKI : Quelles aptitudes faut-il pour être guide, il faut être complet ?

Daniel Traber : oui, ce métier est varié ! Déjà c’est un métier passion. Un professionnel complet c’est une personne qui peut vous amener sur un sommet avec la technicité, l’art, la manière, le plaisir, la passion, la sécurité, les ingrédients du métier. Ce qui ressort aussi, c’est le côté humain.

Le domaine glaciaire nécessite l’usage de la corde et des crampons, c’est un domaine exclusivement réservé au guide de haute de montagne.

WELOVESKI : Aide, compréhension, connaissance, maîtrise, dialogue et partage, il y a tout ça dans ce métier ?

Daniel Traber : le guide touche à tout le domaine montagne et haute montagne, que ce soit l’approche d’un sommet, l’itinéraire, la technique de déplacement. Les compétences et les milieux de pratiques sont divers et variés : escalade sur rocher –voies équipées ou terrains d’aventure-, cascade de glace, ski, ski de randonnée, raid à ski, alpinisme -course glaciaire, course de mixte, course de neige-, expéditions, organisation de voyages dans des massifs montagneux, himalayisme (hauts sommets), le guide doit avoir une connaissance de tous ces milieux, été comme hiver.

L’organisation de voyages et d’expéditions fait partie des compétences d’un guide. Ici Daniel est au Népal.

WELOVESKI : Il faut être psychologue face à un client qui panique ?

Daniel Traber : oui. Même si le guide peut parfois paraître un peu rustre, il a des qualités cachées qui se révèleront le jour où il sera dans une  situation où il faut porter assistance. Ce qu’on attend aussi d’un professionnel, c’est qu’il trouve la solution pour sortir le client d’un mauvais pas quand ça se présente et gérer les situations de crise avec le côté technique, médical et humain. Il faut que les gens soient conscients que le guide est là pour minimiser les risques, mais ne pourra jamais vous garantir la sécurité pleine et entière.

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L’organisation de voyages et d’expéditions fait partie des compétences d’un guide. Ici Daniel est au Népal.

WELOVESKI : Les gratifications de ce métier ?

Daniel Traber : ça peut être un sourire, une poignée de main au sommet, une accolade. La richesse du métier veut que qu’on puisse exercer et partager avec tout type de public et de milieu social. J’attache beaucoup d’importance à cette variété. D’ailleurs, je vais faire un 4000 mètres avec un garçon handicapé.

Les guides viennent aussi de divers milieux sociaux : on a des guides ingénieurs, médecins,  techniciens, ouvriers, c’est une richesse incomparable.

 

WELOVESKI : Le tarif de guide ?

Daniel Traber : comptez à partir de 350 € la prestation à la journée (plus les frais annexes du guide : déplacement, de repas, nuité, remontées mécaniques). Le tarif dépend de la course, de la difficulté, de la longueur et de la notion d’engagement.

 

« Le guide ne grimpe pas pour lui : il ouvre aux autres les portes de ses montagnes. (…) Il ne dit rien, mais sa récompense est dans le sourire de son compagnon quand celui-ci fait une découverte », Gaston Rébuffat, La montagne est mon domaine.

 

Bloc note :

Pour une course avec Daniel Traber, adressez-vous au Bureau des guides d’Annecy www.annecyguidesmontagne.com

Tel. 06 23 43 63 55

Pour en savoir plus sur Daniel Traber www.td-plus.fr/

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