La saga des remontées mécaniques – Episode 3/3

345

En dévalant les pistes, songez-vous à l’inventivité déployée pour que vous puissiez remonter la pente ? En France, les remontées mécaniques sont passées en cinquante ans d’un débit horaire de douze personnes à plus de quatre milles ! WELOVESKI vous narre l’évolution des remontées mécaniques en trois épisodes. Ce dernier épisode vous emmène de l’âge d’or du ski, jusqu’au haut débit du XXIe siècle.

Le deuxième épisode nous a laissé après-guerre, avec l’arrivée des télébennes, du télésiège monoplace fixe, puis avec les « œufs » qui débitent 325 pers/h au début des années 1950. Avec les stations intégrées de 2ème génération des années 1960-1970, les domaines skiables sont en phase d’expansion ; c’est l’âge d’or du ski. De 430 remontées mécaniques en 1960, le parc français passe à 1 800 en 1970, atteint les 4 000 en l’an 2000, avant de décroître pour atteindre 3 687 en 2018. Des remontées plus efficientes remplacent les installations obsolètes, la capacité de transport continue ainsi de croître. 3,6 millions, tel est le débit horaire en France pour les 3 687 remontées mécaniques !

Revenons aux 70’s.

 

Fin des 70’s : les télésièges trois et quatre places et les grosses bennes !

A la fin des années 1970 Les télésièges ont désormais trois voire quatre places, ils sont à pinces fixes et tapent souvent dans les mollets à l’embarquement, gardant une vitesse constante. Le télésiège débrayable arrive au début des années 1980 : il ralentit à l’embarquement et parfois aussi au débarquement autorisant un plus haut débit et procure plus de confort. C’est une extrapolation technique du télécabine, en vogue à cette époque.

>>  [En live] Les magasins INTERSPORT font peau neuve !

 

1978 : le plus grand télécabine du monde

Cent cinquante personnes, c’est la capacité de la cabine du plus grand téléphérique du monde dont la construction débute en 1978 : le téléphérique de la Cime Caron mis en service en 1982 à Val Thorens est une pièce majeure qui emporte les skieurs à 3200m d’altitude. Les cabines ont été changées en 2010 pour devenir entièrement panoramiques, mais elles ont conservé la même capacité.

Avant-gardiste en matière de remontées mécaniques, la station des 3 Vallées installe en 1990 le tout premier bi-câble : c’est le Funitel de Péclet dont la particularité est de supporter des bourrasques de plus 120km/h et de transporter 4000 personnes par heure. Le débit s’accélère !

Le téléphérique de l’Aiguille du Midi à Chamonix avec sa cabine panoramique. © Sandra Stavo-Debauge

Le téléphérique de l’Aiguille du Midi à Chamonix avec sa cabine panoramique.
© Sandra Stavo-Debauge

Les 90’s : fini les files d’attentes

Dans les grandes stations, les files d’attentes aux remontées ne sont plus qu’un souvenir, même si, avec le retour du funiculaire souterrain, le skieur peut avoir la sensation de prendre le métro ! Sorte de TGV des remontées, le funiculaire bat des records de débit et de vitesse : à Tignes, il vous transporte de 2100 à 3200 mètres d’altitude en à peine cinq minutes.

Cette décennie voit aussi l’essor des télésièges six places, le premier fut installé par Poma à Avoriaz avec un débit horaire de trois milles skieurs, les embarquements sur tapis roulant aussi. Le débit passera à quatre milles avec le double embarquement sur le télésiège six places des Cascade à Val Thorens.

>>  Initiation snowboard : les petits aussi !

Aujourd’hui les télésièges six places ont différentes options : sièges chauffants, garde-corps automatique, bulle de protection, système pour éviter que les enfants ne passent sous le garde-corps…

Au début du XXIe siècle, apparition du premier Télémix à Orcières Merlette, mi-télésiège, mi-télécabine. Le télésiège huit places restera quant à lui anecdotique.

 

Nouveau millénaire : toujours plus grand, toujours plus vite

 

La Rosière a inauguré en décembre 2018 deux nouveaux télésièges 6 places de dernière génération, ces engins très silencieux donnent accès au Mont Valaisan. © Sandra Stavo-Debauge

La Rosière a inauguré en décembre 2018 deux nouveaux télésièges 6 places de dernière génération, ces engins très silencieux donnent accès au Mont Valaisan.
© Sandra Stavo-Debauge

Deux cents places, c’est la capacité du téléphérique à deux étages, le Vanoise Express, inauguré en 2003. Il a signé la naissance de Paradiski, reliant les Arcs à La Plagne en quatre minutes. Suspendu à 380 m de haut, il traverse une vallée, sans pylône entre les deux gares. Une prouesse technologique de quinze millions d’euros signée Pomagalski.

Dans la première décennie, les constructeurs travaillent à réduire la consommation énergétique de leurs appareils qui deviennent beaucoup moins bruyants. Le parc des remontées mécaniques décroit, mais pas le débit. Ainsi à Val Thorens, les trente-six remontées transportaient environ 9 millions de personnes par saison en 1985, en 2008, elles ne sont plus que vingt-neuf à assurer dix-huit millions de passages !

Ces dernières années, vous aurez remarqué la croissance de tapis roulants, couverts ou non, pour les débutants : on en comptait quatre cents en 2018. C’est pratique, mais pas toujours heureux pour le paysage…

Le téléporté, dans beaucoup de cas, reste le moyen de transport le plus économique et le plus écologique.

>>  Top 5 des expériences à vivre en famille en montagne

Et si l’avenir était au transport par câble depuis les vallées pour rejoindre les stations de ski ?

345