Une journée avec un pisteur secouriste

2100

C’est Emile Allais qui a créé le métier de pisteur dans les années 50. Du déclenchement préventif d’avalanches aux secours, les pisteurs secouristes sont les garants de votre sécurité sur les pistes. WELOVESKI vous décrit leur journée type.

Les pisteurs, appelés « patrouilleurs » en Suisse ou encore « Patrols » en Amérique du Nord, ont des journées bien remplies : ils déclenchent les avalanches, vous accueillent, veillent sur vous, assurent votre sécurité et les secours en journée.

Ils commencent leur journée avant l’ouverture du domaine skiable. Deux formats de journée se présentent : le premier sans PIDA (Plan d’Intervention du Déclenchement des Avalanches), le second avec PIDA, cet arrêté municipal définit par où, par qui et comment sont menées les opérations de déclenchement des avalanches, ou autre événement. Dans ce cas, ils attaquent leur journée beaucoup plus tôt.

 

Sur la piste des pisteurs

 

Avant l’ouverture des pistes, le protocole est invariable : « s’il n’y a pas de déclenchement d’avalanches à faire, les pisteurs commencent à 8h30 et rejoignent leurs secteurs respectifs, secteurs qu’ils connaissent dans leur moindre relief. Ils parcourent les pistes pour juger qu’il n’y a pas de problèmes. Ils vérifient le jalonnage, le balisage ainsi que tous les obstacles qui sont matérialisés. La piste est ouverte après leur passage. En cas de PIDA, aucune piste non sécurisée n’est ouverte sans l’avis préalable des pisteurs. Ce sont eux après accord du chef de secteur qui donnent le feu vert pour l’ouverture », nous expliquait Patrick Mugnier, l’ancien directeur du service des pistes de Courchevel.

« Mon premier geste est d’allumer la radio. Ensuite je vérifie la signalisation et les protections, je signale les passages dangereux de mon secteur, celui du Mont de La Chambre, avant que les skieurs puissent y accéder », confie Manuela Sylvestre, l’une des six femmes pisteurs-secouristes des Ménuires. « Une fois les pistes ouvertes, je patrouille sur ma zone, je fais de l’accueil, j’interviens si besoin sur des accidents et la gestion des blessés », ajoute la pisteur.

>>  Jérémy Le Goff, expert en chaussures de rando et trail, nous explique tout sur la pronation !

 

 

Avalanche de compétences

 

Après des chutes de neige, le déclenchement d’avalanche est primordial pour la sécurité des usagers. Le PIDA est activé et les déclenchements pour sécuriser le domaine skiable sont à la charge des pisteurs. « Dans ce cas nous manipulons les explosifs avant que la machine ne les déclenche. Ce n’est pas anodin. Le milieu de la montagne peut être dangereux et il faut être vigilent à tout instant », rappelle Manuela Sylvestre.

Dans les bonnes saisons enneigées, les pisteurs effectuent en moyenne 3500 à 4000 tirs préventifs à Courchevel. « On a des PIDA avancées afin de gagner du temps : on monte plus tôt que les autres stations dès que le jour se lève. Les Gazex (ndlr : tuyau métallique fixe dans lequel un nuage de gaz se forme et qu’une étincelle fait exploser, l’onde de choc produite par l’explosion déclenche l’avalanche) nous permettent d’ouvrir plus vite car on déclenche une centaine de tirs depuis un bureau. On ne met pas en danger notre personnel, même si on emploie encore des pisteurs artificiers pour déclencher avec des bâtons de dynamique… », nous expliquait l’ancien directeur Thomas Thor-Jensen.

 

Des secours ad hoc

 

A Courchevel, les pisteurs réalisent plus de 1000 interventions par an. Ils apportent les premiers secours et évacuent au besoin le skieur blessé en barquette.  Leur matériel de secours a connu une importante évolution : « on médicalise plus facilement. Pour les accidents grave l’hélico arrive rapidement, l’évacuation est plus rapide. Le scooter amène aussi un plus ». A Courchevel, les postes de secours sont équipés de DSA (défibrillateur) pour pallier aux malaises cardiaques, de masques à oxygène, de matelas coquilles, d’attelles, de sacs médicalisés pour travailler plus efficacement.

 

>>  Quel ski pour quelle pratique ? Les 7 familles

N’hésitez pas à aller voir les pisteurs dans leur poste de secours, ils se feront un plaisir de vous renseigner !

 

2100